07/07/2026
Le tocsin.
Notre histoire est parmi les premières attractions prisées par les touristes à la recherche d’authenticité. Elle peut aussi être une source d’inspiration pour nos jeunes qui connaissent peu les défis auxquels étaient soumis nos ancêtres venant bâtir une nouvelle vie dans ce milieu rébarbatif qui se laissait apprivoiser à coups de hache, de pelle et charrue. Avant ces champs fertiles et d’élevage qui nous sont familiers, nos ancêtres embrassaient du regard une vaste forêt ensemencée de pierres et de ravageur. Une terre peu fertile requérant un savoir-faire que seul l’expérience et le partage d’informations permet d’apprivoiser. Et que dire du draveur qui n’avait rien à envier aux héros de nos bandes dessinés. Sachant allier force, agilité, courage, débrouillardise et connaissance des forces de la nature lui permettant de gérer les embâcles fréquents. Sa vie tenait parfois à une mèche et à l’expertise du dynamiteur. Une surface détrempée, la pose d’un pied mal assuré pouvaient l’entraîner dans un passage dont l’aller-retour n’était pas garanti.
Le plus admirable dans cette réalité ancestrale était cet esprit de communauté et d’entraide face à l’adversité. L’individu avait beau être fort, il n’était rien face aux forces de la nature sans l’aide de son voisin. Il nous faut reculer que de quelques dizaines d’années pour saisir tout le porté de l’expression ‘’faire un bi’’.
Les difficultés qui caractérisaient cette époque sont révolues. Elles ont stimulé la création de technologies qui ont facilité la maîtrise de notre environnement. Celles-ci, tel que l’intelligence artificielle (IA), dépasseront bientôt notre capacité de création au point où, selon certains, nous pourrions perdre le contrôle sur ces avancées à nos dépens. La rapidité du développement de l’IA est sans précédent dans l’histoire des technologies. Selon L’OCDE d’énormes sommes d’argent y sont investies (61% du capital de risque mondial, totalisant 258.57 milliards (USD) en 2025). Elon Musk président de la Cie Tesla, convertit présentement son usine de Fremont en Californie et met ainsi fin à la production de voiture Tesla modèle S et X. L’espace libéré devient le centre névralgique de la robotique de Tesla et de la production du robot Optimus. Pour ce qui est de la Gygafactory à Austin au Texas actuellement en construction, la production visée serait de 10 millions de robots par année. Ceci sans compter la robotique Chinoise (276 000 robots industriels en 2025 et 14000 robots humanoïdes pour une production mondiale en 2025 de 16 000) qui n’a rien à envier à nos voisin Américains.
Selon le FMI (Fond monétaire international) (Michael Kremer :Will the AI revolution cause a great divergence?) ces avancées technologiques risquent de mener à des changement économiques et d’impacter la main d’œuvre de façon non négligeable. De nombreux experts (Jean-François Ouellet, HEC), économistes et dirigeants d’entreprises confirment que ces nouveautés stimulent l’entreprenariat chez les jeunes. Ces outils démocratisent la création d’entreprise en réduisant les coûts de démarrage et en facilitant l’accès au marché. Les villes comme Mont-Tremblant qui possèdent l’expertise entrepreneuriale disposent d’un incubateur d’entreprises (Mont X) et sont, en conséquence en bonne position pour contribuer au succès des citoyens qui ont décidé de se lancer dans l’aventure.
Il faut espérer que nos élus municipaux soutiendront de façon active ces initiatives. Encore faut-il être bien au fait de la façon dont ces nouvelles technologies vont nous impacter pour assurer les bonnes décisions. Le fédéral a déjà mis sur pied un ministère de l’IA présidé par le ministre Evan Solomon. Doit-on s’en surprendre? Le premier ministre Mark Carney a occupé des postes (directeur de deux banques centrales) qui lui ont donné un accès privilégié aux décideurs, gens d’affaires et informations liées à ces nouvelles technologies. Ces défis requièrent d’avoir au sein des officiers municipaux au moins une personne pouvant être qualifiée d’expert dans le domaine avec une bonne maîtrise de la langue anglaise et dont la formation permet le réseautage avec les diverses instances et surtout de maintenir à niveau les connaissances du conseil de ville sur ce sujet. Il faut aussi espérer un bâtiment qui pourrait abriter l’incubateur d’entreprise, une salle d’exposition pour les arts et pour notre histoire, une salle pour les conférenciers et un espace pouvant servir de laboratoire pour expérimenter avec l’IA et la robotique. Un lieu de création dont témoigne notre passé et notre présent et qui se veut porteur d’avenir. La rue Lacasse, adjacente à l’espace public est l’endroit souhaité. Son emplacement est central par rapport aux témoignages architecturaux de notre histoire qui se trouvent sur la rue St-Jovite tout en étant à distance de marche de nos écoles. Elle est un point d’intérêt pour l’achalandage touristique et peux servir d’appoint à l’espace public tout en offrant un accès rapide aux différents services offerts sur la rue St-Jovite. Voilà une synergie qui a été à la base de la survie de nos ancêtres et qui pourrait permettre à Mont-Tremblant de rattraper un re**rd par rapport à des villes comme Ste-Adèle qui est munie d’un magnifique équipement, la Place des Citoyens, malgré un budget annuel de 44,2 millions contre 71.7 millions pour Mont-Tremblant.
Je souhaite sagesse et discernement à nos élus en cette seconde moitié de l’année 2026.
Citation de Jean-Claude Germain ‘’Là où le passé est indéfini, le futur imprécis, l’aujourd’hui demeure indécis’’.
René Dorais