08/20/2026
Mon projet de désencombrement, de réduction d’espace et d’aide au déménagement à Saint‑Sauveur continue.
Sept jours pour les connaître, les voir vivre, entrer doucement dans leur intimité.
Elle traverse une période fragile.
Elle le réalise. Elle le dit. Elle le porte.
Ma sœur a tenu une résidence pour personnes âgées pendant vingt ans. Elle accompagnait dix personnes vivant avec des troubles cognitifs. J’allais parfois l’aider, et je voyais la différence, la progression, les repères qui s’effritent.
Aujourd’hui, ma cliente me dit : « Je suis malade. »
Je lui réponds oui.
Mais ce n’est pas elle qui souffre le plus, pour l’instant.
Comment expliquer que la maladie touche aussi ceux qui l’aiment, ceux qui l’entourent.
Elle est perdue. Elle cherche. Elle tourne en rond.
Elle ne se souvient plus où est sa chambre — trois fois.
Et bientôt, elle ne se souviendra peut‑être plus de nous.
Je l’aide à faire son triage. Une fois, deux fois, trois fois.
Ce n’est pas grave.
Une heure, à son rythme, et on arrête.
Je la sens nerveuse, et c’est normal.
Elle ne sait pas qu’elle déménage.
Elle ne comprend pas toutes les boîtes.
Alors je lui explique qu’elle va dans une autre résidence, un endroit qui prendra soin d’elle et de son mari.
Elle me répond : « C’est mieux comme ça. »
La réalité du déménagement, c’est la perte des repères dans son logement.
C’est laisser derrière elle trente‑trois ans de souvenirs, de routines, de gestes quotidiens.
C’est devoir se réorienter dans un nouvel aménagement, y trouver ses marques, y vivre confortablement.
Derrière les boîtes, il y a l’humain.
Je ne suis pas « juste » une aide au déménagement.
Je suis aussi à l’écoute des besoins, des peurs, des émotions.
Organiser. Planifier. Alléger.