Mesdames, Messieurs,
Je suis très heureux de vous accueillir sur mon Facebook officiel que je voudrais comme une plateforme de partage avec vous sur différents sujets. Leaderview comprend cette page Facebook et une chaine YouTube. J’y mettrai certaines de mes interventions publiques et mes livres, j’espère surtout vous inviter à y prendre la parole et diffuser vos messages pour édifier des ponts
ensemble et co-construire l’Afrique que nous voulons. La question centrale de ce 21e siècle est celle de la Renaissance africaine. L’essor démographique, la transformation économique et l’affirmation culturelle participent au postulat de puissance africaine. L’Afrique doit proposer au monde une autre façon de vivre en phase avec ses valeurs profondes et millénaires. Le concept de Renaissance africaine a été prononcé la première fois par Cheikh Anta Diop en 1948, alors que la colonisation était à son apogée, il a osé souligner dans un article majeur, Alerte sous les Tropiques, que « l’avenir de l’Afrique ne saurait être constitué par le devenir de l’Europe ». Même si la prise de conscience de cette exigence a mis du temps à s’affirmer, c’est néanmoins sur cette base que de nombreux programmes et initiatives ont été élaborés pour l’intégration et l’essor industriel du continent. Drame humain, collapsus économique et incertitudes sur l’avenir, voilà un contexte qui invite les pays africains à réfléchir davantage à leur communauté de destin. En effet, les rapports de forces ont changé d’échelle. Ce sont désormais les grands blocs qui s’affrontent au-delà de la pandémie, notamment le bloc dollar dominant, le bloc asiatique autour du yuan-or en essor, le bloc européen autour de l’euro, etc. chacun défendant ses intérêts stratégiques. Selon les prévisions de la Banque mondiale, la réalisation de l’ambition climatique va exercer une pression exponentielle de la demande de métaux et de minéraux. Pour l’Union Européenne, atteindre les objectifs de son plan d’industrialisation nécessitera par exemple, pour la fabrication des batteries des véhicules électriques et le stockage de l’énergie, 18 fois plus de lithium, 5 fois plus de cobalt en 2030, 60 fois plus de lithium et de 15 fois plus de cobalt en 2050, etc. Il apparaît que la demande de plusieurs métaux dont l’aluminium, le cobalt, le fer, le plomb, le lithium, le manganèse et le nickel augmenterait de plus de 1 000 % d’ici à 2050. L’Afrique est au centre de ces approvisionnements en matières premières. Ces mutations devraient conduire les Etats africains à s’interroger sur leur avenir et sur les ingrédients de leurs stratégies d’industrialisation : de quoi l’Afrique a besoin pour son industrialisation ? quelles sont les projections des quantités ? quelles sont les stratégies mises en place pour en assurer les approvisionnements ? comment organiser les chaînes de valeurs régionales pour assurer la production, la transformation et la distribution ? Pour y arriver, il faut des politiques volontaristes, il faut des politiques actives, il faut définir des secteurs stratégiques à maintenir sous le label « Made in Africa ».