02/04/2020
Agir contre le corona # virus # COVID19 # et ne pas subir . Article de Xavier Deparis Source LinkedIn
Nous subissons l'épidémie de coronavirus. Nous comptons tous les jours les cas graves et les décès, les services médicaux sont submergés, l'économie est à l'arrêt du fait du confinement.
Médecin, professeur de santé publique, après connu plusieurs situations épidémiques dans ma carrière, en France comme outre-mer, je me dois de me poser la question suivante : avons-nous les moyens de faire autrement ?
La réponse est oui !
Il existe une stratégie de prise en charge des cas infectés. Elle consiste à les dépister et à les traiter. Les dépister grâce à une technique biologique que de très nombreux laboratoires de biologie savent mettre en oeuvre, la PCR. Il faut pour cela leur donner les amorces qui leur permettront de réaliser le test partout en France. Ces amorces sont disponibles dans les laboratoires des CHU et des instituts comme l'institut Pasteur. Qui faut-il dépister ? Toutes les personnes qui présentent des signes d'infection, quel que soit leur état de gravité. Le test biologique, s'il s'avère positif, est immédiatement suivi d'une mise sous traitement par chloroquine qui peut-être couplé à l'azithromycine, un antibiotique de la famille des macrolides. Selon les études publiées ou en cours de publication, ces deux médicaments diminuent la charge virale et stérilisent les porteurs de virus en 6 à 7 jours, contre jusqu'à 20 jours en temps normal. Il est important de réduire au plus tôt la charge virale (c'est à dire le nombre de virus présents dans l'organisme, qui se compte en puissance de 10) car elle est très certainement corrélée à l'apparition des formes sévères de la maladie, un grand classique des maladies infectieuses. Donc, plus on traite tôt, plus on diminue le nombre de cas sévères et donc de décès. Et plus on diminue le nombre de cas sévères, moins on encombre les services de réanimation : on augmente donc aussi les chances de guérison des malades hospitalisés.
Peut-on réaliser des dépistages de masse ? Oui, les coréens l'ont fait et nous avons tous les moyens pour le faire. En poste dans les instituts Pasteur, nous avions réalisé des études qui avaient montré qu'on pouvait faire une PCR à partir d'une simple goutte de sang séché récoltée sur du papier buvard. L'avantage est énorme : pas de geste invasif (pas de prise de sang, une simple piqûre au bout du doigt pour récolter une goutte de sang) et surtout, des prélèvements très faciles à transporter au laboratoire puisque ce sont des petits morceaux de buvard sur lesquels la goutte de sang a séché. Cette technique fonctionne pour des virus ARN enveloppés comme la dengue ou le Zika. Elle pourrait rapidement être évaluée et mise en oeuvre pour faciliter le dépistage de masse.
Peut-on traiter les malades déclarés positifs ? Oui, en leur administrant le traitement cité plus haut : chloroquine et azithromycine. Certains médecins ou experts mettent en avant le fait que la chloroquine peut-être toxique, et que son efficacité sur le coronavirus n'est pas encore démontrée.
Deux réponses, une sur la toxicité, l'autre sur l'efficacité.
Sur la toxicité de la chloroquine. C'est un médicament très ancien qui a été utilisé chez des milliards de personne dans le monde. On en connaît bien la toxicité et les effets secondaires à long terme (cardiaque et rétinien par exemple). La toxicité à court terme peut apparaître lorsqu'on dépasse 2 grammes par jour pour le traitement. Dans le cas du coronavirus, l'efficacité est démontrée à 1 gramme par jour, dose préconisée par les médecins chinois. L'efficacité est même démontrée à 0,6 gramme par jour dans le protocole préconisé par l'équipe du Pr RAOULT à Marseille, en association avec l'azithromycine. Ensuite, la durée du traitement est courte : on ne parle pas de mois de traitement, mais de 10 jours de traitement !! Donc, aux doses préconisées et suivant la durée du traitement, un risque quasi nul d'effets secondaires toxiques lié à l'emploi de la chloroquine. Quant à l'azithromycine, c'est un antibiotique également bien connu et bien toléré.
Sur l'efficacité de la chloroquine. Les médecins chinois ont publié leurs études et un consensus d'emploi de la chloroquine. N'en déplaisent aux grands scientifiques occidentaux, ils ont publié dans des revues chinoises, en langue chinoise, au lieu de les publier dans les grandes revues anglo-saxonnes. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un certain mépris ou un mépris certain en a découlé de la part des médecins et des scientifiques occidentaux. Ce sentiment s'est exprimé par une défiance des occidentaux qui ont considéré que les travaux chinois étaient automatiquement suspects : "si les chinois avaient travaillé sérieusement, ils auraient soumis pour publication leurs travaux aux grandes revues anglo-saxonnes". Et bien non ! Nous sommes dans un autre monde : je veux simplement rappeler que la Chine compte plus d'1,5 milliards d'habitants, et que ce qui intéressait les médecins chinois, c'était de faire passer la connaissance en urgence à leurs confrères nationaux, face à une épidémie qui ne faisait que commencer et dont on ne savait pas grand chose. Ceux qui, comme le Pr Raoult, ont pris la peine de s'intéresser à leurs travaux ont pu constater les résultats. Est-ce que l'efficacité de la chloroquine était vraiment une surprise ? Et bien non : cette molécule était déjà connue pour son activité antivirale sur d'autres coronavirus, et depuis assez longtemps. La mortalité engendrée par le coronavirus en Chine et en Corée comparée à celle que l'on observe déjà en Europe alors que nous ne sommes qu'au début de l'épidémie est une réponse assez évidente aux interrogations sur l'efficacité ou non du traitement allié au dépistage. En France, la chloroquine ne faisait même pas partie des molécules à évaluer officiellement par le ministère de la Santé pour lutter contre le covid-19. Heureusement que l'Institut Hospitalo-Universitaire à Marseille s'est battu et a obtenu l'autorisation de mener un essai très concluant sur le traitement par l'association chloroquine-azithromycine. Certains disent que seuls un petit nombre de patients étaient inclus dans l'essai. Je rappelle simplement que pour démontrer l'efficacité des sulfamides contre la tuberculose, 12 patients avaient suffi (j'écris ceci de mémoire, mais il y avait un très petit nombre de malades inclus dans l'essai, ce qui n'a pas empêché de généraliser les sulfamides contre la tuberculose).
Absence de toxicité, efficacité démontrée ? Pourquoi attendre pour mettre en place la stratégie ? Réponse : car il faut changer le modèle de lutte contre l'épidémie. Au lieu de confiner les personnes, de subir la vague en comptant les cas graves et les morts, il faut installer des centres de dépistage sur tout le territoire, de préférence dans des lieux publics comme des gymnases ou d'autres grandes salles, où les personnes qui présentent des signes d'infection peuvent se faire tester et prendre en charge. Et il faut rompre le confinement. Mais avant de rompre le confinement, il faut être sûr d'avoir de la chloroquine et de pouvoir faire les tests de dépistage, bien évidemment.
J'ai quand même de plus en plus le sentiment que pour changer de stratégie, et pour prendre la bonne décision, il nous faudra changer de stratèges. Face à une épidémie, la situation doit être prise en charge par des médecins qui ont l'habitude de traiter de la santé des populations Dans des situations d'urgence comme c'est le cas actuellement : ce sont les médecins de santé publique. Les experts, pour faire face à cette épidémie à l'échelle de la population nationale, sont des médecins spécialistes de santé publique, épidémiologistes.
Depuis le début de l'épidémie, j'entends peu d'experts qualifiés en santé publique s'exprimer. Et c'est bien dommage. Quand j'ai un problème de vue, je m'adresse à mon ophtalmologiste, et pas à mon gastro-gastro-entérologiste. Il sera bien temps après l'épidémie d'essayer de comprendre le fiasco actuel, car il n'y a pas d'autres mots pour qualifier la situation actuelle. Il faudra analyser ce qui s'est passé avec le stock des masques, il faudra comprendre pourquoi nous avons commencé à réagir aussi tard, et pourquoi la réaction s'est traduite par des décisions qui n'étaient pas forcément les meilleures, le tout accompagné par une communication d'état qui vire aux injonctions paradoxales. Mais aujourd'hui, l'urgence, c'est de mettre en oeuvre la meilleure des stratégies potentielle : dépistage des cas et traitement le plus tôt possible de tous les cas, avec dépistage actif des contacts. Quant à l'efficacité de la stratégie actuelle ? Le confinement : tout le monde peut constater la situation en Italie. Le confinement n'est pas la panacée : la situation continue à être dramatique, et c'est sans doute ce qui nous attend si nous ne tentons pas autre chose... De plus, le confinement met le pays à genoux en empêchant toute activité économique. La stratégie du dépistage des cas accompagné d'un traitement précoce peut sauver des vies et permettre à l'économie de ne pas s'éteindre, ce qui serait encore plus catastrophique pour la population des travailleurs.
Enfin, un dernier mot sur le dévouement de nos professionnels de santé. Magnifique. Ils sont là. Et ils sont tous là : du privé et du public. Dans certaines régions, les moyens de réanimation du privé semblent complètement ignorés dans le plan d'urgence : on déplace des malades graves et infectés d'une région à une autre alors qu'il y aurait des lits dans les cliniques voisines. A vérifier, bien sûr, mais affligeant si c'est vrai. Une chose est sûre : nos soignants ne s'en sortiront pas avec les moyens actuels et malgré toute leur bonne volonté. Si on veut les aider, alors le gouvernement doit changer de stratégie. Agissons pour ne plus subir. C'est MAINTENANT !!
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