01/09/2026
Puissance sous-régionale : Immersion au cœur de la NARTO, le géant nigérian des transports routiers et deuxième employeur du pays, fort de plus de 156 000 camions en circulation.
En visite de travail au Nigeria, une forte délégation du GTTC consolide son partenariat historique scellé à Tanger avec le mastodonte ouest-africain.
Le Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun s'ouvre au monde et pose les jalons du prochain Logitere à Casablanca ainsi que de la grande rencontre bilatérale NARTO-GTTC prévue à Garoua.
Chapeau
Des routes d'Abuja aux pistes de la sous-région, le transport routier se structure et s'internationalise. Alors qu'au Nigeria, la puissante NARTO déploie son empire logistique et social au service de milliers d'investisseurs, le GTTC accentue sa dynamique d'ouverture transfrontalière. Entre le renforcement des alliances stratégiques et la préparation d'événements majeurs au Maroc et au Cameroun, retour sur les coulisses d'une diplomatie des transports en plein essor.
Pour comprendre la puissance de cette organisation, il faut remonter le temps. La NARTO n'est pas née d'une feuille blanche.
Elle est le fruit d'une fusion historique entre trois géants régionaux : la NALBAT pour l'ancienne région du Nord, la NTOA à l'Ouest, et l'ERHA à l'Est.
Depuis son enregistrement officiel le 24 Mai 1988 à Abuja, l'association s'est imposée comme l'organisation faîtière de tous les propriétaires des véhicules commerciaux du pays.
Ici, pas de distinction de race, de religion ou d'ethnie : la NARTO rassemble tous les investisseurs du transport routier, qu'ils transportent du carburant, des marchandises ou des passagers, du Nigeria jusqu'aux confins de la sous-région ouest-africaine.
Aujourd'hui, sous la houlette de son président national, Alhaji Lawal Yusuf Othman élu en février 2020, la NARTO fédère plus de 3 000 transporteurs enregistrés, 102 compagnies affiliées et une flotte monumentale de plus de 156 000 camions et véhicules en circulation à travers le pays.
Mais la NARTO ne se résume pas à un simple parc automobile. C'est un véritable pilier social et économique.
Après le gouvernement fédéral, elle est le deuxième plus grand employeur de la main-d'œuvre du pays. Prenez un simple camion à ridelles : de son point de départ à sa destination finale, ce sont environ vingt personnes, sans compter leurs familles, qui tirent directement leurs moyens de subsistance de cette chaîne logistique.
Au fil des décennies, l'association a enfilé son costume de bouclier pour défendre bec et ongles les intérêts de ses membres.
Elle a fait plier les politiques abusives du passé, qu'il s'agisse de tentatives d'imposer des équipements inadaptés, des péages injustifiés sur les ponts de Lagos sous le régime du général Sanni Abacha, ou encore l'étau de la double imposition des gouvernements locaux, terrassé grâce à la promulgation du décret n° 21 de 1998.
Et que dire de l'innovation sociale ? En collaboration avec le syndicat NUPENG, la NARTO a instauré un régime d'assurance-bien-être pionnier au niveau mondial pour les conducteurs de camions-citernes sous le label du département des conducteurs donc le GTTC est entrain de mettre sur pied pour emboîté le pas de son partenaire la Narto.
Une protection concrète qui garantit un soutien financier aux familles en cas d'accident ou d'invalidité permanente.
Du point de vue organisationnel, la machine est bien huilée. Au sommet, l'Assemblée générale annuelle (AGM) dicte la vision globale.
Juste en dessous, le Conseil exécutif national (NEC) pilote les actions au trimestre par trimestre. Et sur le terrain, au plus près des réalités, les « bureaux d'unités » implantés dans les dépôts pétroliers, raffineries, ports et complexes industriels veillent au grain.
De l'acheminement des cargaisons liquides et sèches jusqu'aux salons du camionnage aux États-Unis ou aux séminaires de gestion à Paris, la NARTO porte haut les couleurs du transport nigérian.
Elle est la voix qui négocie les tarifs avec le gouvernement, la force qui fait rouler l'économie et le cœur battant des routes du Nigeria.
C'est avec ce géant de l'Afrique de l'Ouest que le Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun en abrégé GTTC a signé donc une convention de partenariat solide en octobre 2024 à Tanger au Maroc.
La mise en œuvre donc de cette convention n'est plus à démontrer car à l'instant, une forte délégation du GTTC séjourne encore au Nigeria.
Le GTTC est donc ouvert au monde entier puisqu'il prépare des événements majeurs d'un côté le troisième Logitere qui aura lieu du 20 au 22 Octobre 2026 à Casablanca au Maroc et de l'autre côté la septième assemblée générale, quatrième édition des awards du secteur des Transports et la deuxième édition de la rencontre de haut niveau entre la NARTO et le GTTC qui auront lieu à Garoua du 08 au 11 Décembre 2026.
Pour la cellule de Communication
MANDO KOUAMBO Armel envoyé spécial depuis Abuja.