20/09/2026
LES FKIRETTES / ۧÙÙÙÙ۱ۧŰȘ
Quand les femmes faisaient rĂ©sonner la mĂ©moire de lâEst AlgĂ©rien
Dans les maisons de Constantine, Annaba, Skikda et plus largement dans lâEst algĂ©rien, certaines cĂ©rĂ©monies avaient autrefois une sonoritĂ© bien particuliĂšre : celle des Fkirettes, ou FqĂźrĂąt / ۧÙÙÙÙ۱ۧŰȘ.
Des femmes réunies autour de leurs voix et des percussions « bendir, tùr, parfois derbouka » pour accompagner les grands moments de la vie familiale.
Mariages, circoncisions, fĂȘtes religieuses, veillĂ©es⊠les Fkirettes Ă©voluaient dans un univers profondĂ©ment fĂ©minin.
Mais leur chant nâĂ©tait pas seulement destinĂ© Ă faire la fĂȘte.
Leur rĂ©pertoire puisait largement dans le mĂ©dih, les chants de louange, les traditions confrĂ©riques et une mĂ©moire spirituelle oĂč Ă©taient Ă©voquĂ©s Dieu, le ProphĂšte ï·ș et les figures saintes honorĂ©es localement.
Ă la tĂȘte de lâensemble se trouvait la rĂąysa, celle qui dirigeait les musiciennes et conduisait le chant.
Ă Constantine, il ne faut dâailleurs pas confondre les Fkirettes avec les Banoutates : deux expressions du patrimoine musical fĂ©minin, mais avec des rĂ©pertoires et des fonctions diffĂ©rents.
Ces femmes nâĂ©taient pas simplement des musiciennes.
Elles Ă©taient aussi gardiennes dâun rĂ©pertoire oral, transmis de femme Ă femme, de maison en maison, de cĂ©rĂ©monie en cĂ©rĂ©monie.
Et câest peut-ĂȘtre lĂ que rĂ©side toute la beautĂ© de leur hĂ©ritage : une histoire de lâAlgĂ©rie qui ne sâest pas seulement Ă©crite dans les livresâŠ
elle sâest aussi chantĂ©e dans les maisons par la voix des femmes.
Aujourdâhui, alors que certaines de ces pratiques deviennent plus rares, les documenter, les Ă©couter et recueillir la parole de celles qui les ont connues devient une vĂ©ritable dĂ©marche de transmission.
Est-ce que dans votre famille, vous avez connu ou entendu des Fkirettes ? Vos mÚres ou vos grands-mÚres vous en ont-elles parlé ?
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