20/03/2026
RĂTABLIR LA VĂRITĂ SUR LES MOBILITĂS Ă AJACCIO
Chez ANDEMU, nous refusons que le dĂ©bat sur la mobilitĂ© soit rĂ©duit Ă des slogans, Ă des effets dâannonce et Ă de la macagna.
Pendant cette campagne, trop peu de vraies questions ont été posées. Alors nous les posons clairement.
1/ Combien de temps encore va-t-on prĂ©senter comme âmoderneâ un systĂšme qui reste illisible pour les habitants et difficile Ă exploiter ?
Notre analyse : Ă Ajaccio, le problĂšme nâest pas lâabsence dâoffre. Le problĂšme, câest lâabsence de colonne vertĂ©brale. On a empilĂ© des lignes, des navettes, du TAD, Aiaccina et Muvimare, mais on nâa pas construit un vrai rĂ©seau.
2/ OĂč est la convention tripartite sur Muvimare ? Qui finance quoi ? Et pourquoi la CAPA continue-t-elle Ă porter seule un service qui dĂ©passe clairement son seul pĂ©rimĂštre ?
Notre analyse : la navette maritime est utile. Le dĂ©bat nâest pas son utilitĂ©. Le dĂ©bat, câest sa gouvernance. Quand un service coĂ»te plus dâ1 million dâeuros pour un niveau de couverture de 33.4%, on ne peut plus continuer dans le flou.
Et surtout, il faut poser la vraie question : pourquoi la CollectivitĂ© de Corse nâa-t-elle pas Ă©tĂ© clairement sollicitĂ©e alors quâelle est compĂ©tente dans ce domaine ?
Porticcio ne fait pas partie de la CAPA. Alors pourquoi la CAPA continue-t-elle Ă payer presque seule un service dont profitent Ă la fois Ajaccio et Porticcio ?
Les Ajacciens nâont pas Ă supporter seuls une facture qui dĂ©passe leur seul ressort.
3/ Combien de CDD servent aujourdâhui de rustines permanentes Ă un rĂ©seau mal organisĂ© ?
Notre analyse : derriĂšre les annonces sur les accords sociaux, la rĂ©alitĂ© est beaucoup moins spectaculaire que ce quâon essaie de faire croire. La dĂ©nonciation des accords est surtout utilisĂ©e comme un effet dâannonce.
Les salariĂ©s en CDI conservent lâessentiel de leur protection et perdent relativement peu Ă court terme. Les Ă©conomies rĂ©elles se feront surtout sur certaines primes, sur les remplacements, et sur la gestion des arrĂȘts maladie.
Autrement dit : on communique beaucoup sur une âgrande rĂ©formeâ, alors que le vrai sujet reste la prĂ©carisation des plus fragiles et lâusage des CDD comme variable dâajustement.
Ce nâest pas une stratĂ©gie RH. Câest une fuite en avant.
4/ Combien de trajets refusĂ©s, retardĂ©s ou impossibles parce que lâoffre PMR nâest pas pensĂ©e comme une prioritĂ© de territoire ?
Notre analyse : on ne peut pas parler dâinclusion si la mobilitĂ© des personnes handicapĂ©es reste une loterie. Le besoin est lĂ , il augmente, mais la rĂ©ponse reste trop faible.
Une politique publique sérieuse doit faire du PMR une priorité réelle, pas un sujet secondaire.
5/ OĂč est le plan complet de rabattement, de frĂ©quentation et dâintermodalitĂ© autour du tĂ©lĂ©phĂ©rique Angelo ?
Notre analyse : le tĂ©lĂ©phĂ©rique peut ĂȘtre utile. Mais il faut dire toute la vĂ©ritĂ©.
Le modĂšle citĂ© pour justifier le projet, câest Papang Ă Saint-Denis de La RĂ©union. Sauf quâĂ Saint-Denis, le tĂ©lĂ©phĂ©rique sâappuie sur une architecture de rĂ©seau diffĂ©rente, plus structurĂ©e, et dessert des points dâintĂ©rĂȘt majeurs, notamment une universitĂ©, dans un systĂšme beaucoup plus intĂ©grĂ©.
Ă Ajaccio, on engage des montants trĂšs importants, alors mĂȘme que le rĂ©seau de bus reste moins structurĂ© et que les flux ne sont pas comparables.
Alors la vraie question est simple : comment explique-t-on un tel Ă©cart, alors que le systĂšme global nâa rien Ă voir ?
Sans BHNS, sans pÎles multimodaux, sans rabattement, sans PMR fort, un téléphérique reste une vitrine. Pas une politique de mobilité.
6/ Combien a coĂ»tĂ© au total le dossier Aiaccina / Citadina, y compris les Cristal ? Et pourquoi ce service nâest-il toujours pas pleinement intĂ©grĂ© ?
Notre analyse : on a achetĂ© des vĂ©hicules, multipliĂ© les annonces, mais la gouvernance reste floue. Les Cristal ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s comme une solution dâavenir, et pourtant le service reste rĂ©duit, hors contrat dâOSP et sans intĂ©gration claire.
La vraie question politique est simple : combien tout cela a-t-il coĂ»tĂ© au total, pour quel service rĂ©el, et pourquoi une partie du matĂ©riel nâa-t-elle jamais produit le service annoncĂ© ?
Encore une fois, on a financé du provisoire au lieu de régler le fond.
7/ Si le rĂ©seau coĂ»te si cher, pourquoi nâa-t-on toujours pas construit un rĂ©seau simple, hiĂ©rarchisĂ© et productif ?
Notre analyse : la vraie facture dâAjaccio, ce nâest pas seulement le bus. Câest le prix du bus mal organisĂ©. Quand un rĂ©seau coĂ»te aussi cher au kilomĂštre, ce nâest pas un signe de modernitĂ©.
Câest le symptĂŽme dâun systĂšme dĂ©sordonnĂ©, bricolĂ©, et trop longtemps pilotĂ© sans architecture claire.
8/ Qui peut aujourdâhui expliquer en 30 secondes le rĂ©seau actuel Ă un habitant ?
Notre analyse : une bonne politique de mobilitĂ© doit ĂȘtre comprĂ©hensible par tous. Aujourdâhui, ce nâest pas le cas.
Un rĂ©seau utile doit ĂȘtre lisible, simple, fiable et connectĂ©.
Tant quâun usager ne comprend pas immĂ©diatement comment se dĂ©placer, le systĂšme nâest pas Ă la hauteur.
9/ Au fond, la vraie question est simple : veut-on enfin construire un vrai réseau de mobilité pour Ajaccio, ou continuer à empiler des annonces, des rustines et des symboles ?
Notre analyse : Ajaccio a besoin dâune architecture de mobilitĂ©, pas dâun catalogue.
ANDEMU ne fait pas de politique.
Nous transportons tout le monde, sans distinction, et notre parole part dâune seule rĂ©alitĂ© : celle du terrain.
Mais aujourdâhui, une chose est claire : le bilan des mobilitĂ©s Ă Ajaccio est nĂ©gatif. Et mĂȘme si, pendant cette campagne, les candidats ont globalement Ă©tĂ© faibles sur les questions de mobilitĂ©, un changement sâimpose.
Nous le disons avec franchise : Ă notre sens, la liste qui paraĂźt aujourdâhui la plus Ă mĂȘme de mettre en place une vĂ©ritable politique de mobilitĂ© est Aiacciu Vivu.
Nous savons quâen disant cela, nous nâirons peut-ĂȘtre pas Ă Capo. Mais nous pensons quâil faut le dire.
Parce que la mobilitĂ© ne peut plus ĂȘtre traitĂ©e Ă coups dâannonces, dâimprovisation ou de communication.
Elle a besoin dâune vision, dâune mĂ©thode et dâun vrai cap.
Câest pour cela que nous avons construit un dossier complet sur les mobilitĂ©s, sĂ©rieux, argumentĂ© et tournĂ© vers des solutions concrĂštes.
Nous souhaitons que le futur maire, quel quâil soit, puisse sâen servir comme base de travail pour enfin engager une politique de mobilitĂ© cohĂ©rente, lisible et utile aux habitants.
Et vous, quelles sont les vraies questions qui auraient dĂ» ĂȘtre posĂ©es pendant les dĂ©bats ?