30/08/2026
30 août 2026
Paris cossu cache les injustices. Années quatre vingts, votre jeune griot, lors de ses séjours, est logé rue de Rivoli, au dernier étage d’un immeuble. Deux pièces et une mini-salle de bains affirment son confort.
A sa fenêtre, le clocher de Saint-Germain l’Auxerrois le salue tous les matins. A droite, le Louvre paît mouton le long de la Seine. Heureux nigaud, il n’a que quelques pas à effectuer pour noyer son inculture picturale.
Le gredin n’a pas de sous. Gratuit lui est offert l’abri et l’indépendance qui va avec.
En échange, il joue la curiosité à l’étage du dessous. Certaines soirées, le mécène munificent présente à ses relations, sa trouvaille. Il l’a dénichée lors de ses pérégrinations en Bretagne. Le phénomène écrivait des acrostiches aux touristes.
Je narre la dernière séance. Il y a là une vingtaine de personnes femmes et hommes Tous dégagent une aisance financière devant laquelle le pecnot fait pâle figure.
Qu’importe, il faut parfois une tache pour rendre le tableau harmonieux.
J’écoute, bien blotti et sage dans un fauteuil moelleux. Le sujet de la conversation, ce soir-là, porte sur les vies antérieures Je m’en tiens au silence. J’y connais rien à la réincarnation. Les convives parlent « régression ». Les invités l’ont, tous, pratiquée, l’opération, revivre vies qu’on a eu..
Dans l’une d’elles, un petit homme mafflu fut César. Un sec et maigre, conduisit ses troupes jusqu’au abords de l’inde, sous le nom d’Alexandre le grand et dans une autre, assassina son père adoptif, le joufflu, qui parlait précédemment, sous le prénom de Brutus..
Une élégante, femme brune, classe, avoua, lèvres pincées, que lors de ses vies anciennes, elle dirigea le royaume d’Égypte. Elle utilise le savon « Cléopâtra » résidu de sa gloire déchue. Je déduis. Elle fut l’amante du grassouillet.
Je note. Durant le récit de ses fabuleuses existences, personne ne changea de genre.
Vint mon tour. Je ne me démontais pas sous l’effet du champagne bu.
Je mentais éhontément. Je l’avais, moi aussi, effectuée l’expérience. .
« Vous pouvez raconter , jeune poète ? » me dit sceptique ma voisine la plus proche.
« Me souviens pas de toutes mes tribulations, mais d’une » « Ah bon,racontez » me fit la fausse intéressée. « Je travaillais, à côté, au Palais Royal. J’étais fille de petite vertu et je crois que c’est moi qui fila la chtouille à Louis XIV.».
Un silence glacé suivit.
Adieu, veaux, vaches et cochons, après cette provocation. je fus personnage non- gratta chez ce bourgeois.
Ce fut mon premier non à la farce. Il fut tonitruant. Les autres prirent en compte l’obligation du manger et du coucher. Ils accompagnèrent ma musique intérieure. La précieuse déteste la vanité, d’où mon absence voulue des cercles littéraires. Elle réclame l’authenticité pour dévoiler ses paradis..
Le hasard me fit créer un jardin. C’est notre dimanche. J’y partage fruits reçus durant la semaine, poèmes et prose. Je dis oui à la vie et non au système. Le pourri engendre les injustices.
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UN PEU DE LITTÉRATURE
La littérature n’est faite que de légendes. J’écoute une émission sur le Marcel, le prout de Céline. C’est vrai que c’est em*****nt, pontifiant. Il faut mieux lire l’œuvre que les commentaires dessus. J’ai mis trente ans à y entrer dedans, l’univers du divin inverti. Il suffisait, en ce qui me concerne, de lire une centaine de pages avant que son style ne me prenne sous son aile. C’est un Proustien qui me donna ce conseil. Je l’en remercie. J’ai tout lu, relu sa recherche.
Par contre, je suis entré beurre fondu dans le voyage de Louis-Ferdinand et les autres qui suivirent. J’ai même digéré la surface décrépie de son antisémitisme dans ses pamphlets, jusqu’à avaler ses effets de ponctuation dans ses derniers ouvrages.
Je cause un peu, comme eux, les intellects. Je parle de moi à travers l’autre, sans rien apporter au sujet.
Non, finalement, j’évite le grand et le petit, adjectifs que les idolâtres utilisent souvent. Je ne juge pas. Je lis les deux parce qu’ils écrivent le tout. J’y trouve dans leurs créations, les effluves du Sacré.
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CISELEUR
La chaleur des mots, quand ils se gaussent de l’explication, éclairent. Je dis par là qu’ils dévoilent un mystère que la raison, en ses crocs fermés, refuse l’accès.
J’ai la réalité devant moi, la vraie, celle qui ne s’écoule pas sous le joug d’une époque et de sa morale mercantiliste. Je l’épouse quand réellement je me suis mis à l’abri du faux. C’est- à dire que je me suis oublié dans une somme d’émotions et de sensations pures.
J’échappe par cet acte fou, aux honneurs et aux pouvoirs. aux sombres enclumes que le médiocre met sur toute passion. Je cisèle la liberté acquise.
***
ÊTRE UN RÉSUMÉ
Nous serons
soudain une prose
ayant pris par mégarde
le privilège du poème
Être
non un commentaire
mais le résumé
astral de l’univers
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QUATRE VINS
Une flamme d’argent
Le hibou civilise la nuit
en ses yeux perçants
Je suis arrivé à prendre
l’or des contrebandiers
dans l’aube
de leurs mains brutes
J’essaime leurs trésors
en mots contraires
lune et soleil
bruit et silence
Je m’affaire
aux quatre vins
de mon ivresse :
parfums
sensations
émotions
plénitude
***
NOTES DU SOIR
1
La liberté, la sensation sublime de l’âme.
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2
La philosophie est le pet de la poésie.
Serge Mathurin THÉBAULT