art-chignaned

art-chignaned C'est une petite flaque crée au départ pour la Grenouille, un peu en sommeil aujourd'hui mais le

La page de la grenouille qui sommeille et que veille à entretenir le dit Serge Mathurin THEBAULT en attendant son réveil

30  août 2026Paris cossu cache les injustices. Années quatre vingts, votre jeune griot, lors de ses séjours, est logé ru...
30/08/2026

30 août 2026

Paris cossu cache les injustices. Années quatre vingts, votre jeune griot, lors de ses séjours, est logé rue de Rivoli, au dernier étage d’un immeuble. Deux pièces et une mini-salle de bains affirment son confort.

A sa fenêtre, le clocher de Saint-Germain l’Auxerrois le salue tous les matins. A droite, le Louvre paît mouton le long de la Seine. Heureux nigaud, il n’a que quelques pas à effectuer pour noyer son inculture picturale.

Le gredin n’a pas de sous. Gratuit lui est offert l’abri et l’indépendance qui va avec.
En échange, il joue la curiosité à l’étage du dessous. Certaines soirées, le mécène munificent présente à ses relations, sa trouvaille. Il l’a dénichée lors de ses pérégrinations en Bretagne. Le phénomène écrivait des acrostiches aux touristes.

Je narre la dernière séance. Il y a là une vingtaine de personnes femmes et hommes Tous dégagent une aisance financière devant laquelle le pecnot fait pâle figure.
Qu’importe, il faut parfois une tache pour rendre le tableau harmonieux.

J’écoute, bien blotti et sage dans un fauteuil moelleux. Le sujet de la conversation, ce soir-là, porte sur les vies antérieures Je m’en tiens au silence. J’y connais rien à la réincarnation. Les convives parlent « régression ». Les invités l’ont, tous, pratiquée, l’opération, revivre vies qu’on a eu..

Dans l’une d’elles, un petit homme mafflu fut César. Un sec et maigre, conduisit ses troupes jusqu’au abords de l’inde, sous le nom d’Alexandre le grand et dans une autre, assassina son père adoptif, le joufflu, qui parlait précédemment, sous le prénom de Brutus..

Une élégante, femme brune, classe, avoua, lèvres pincées, que lors de ses vies anciennes, elle dirigea le royaume d’Égypte. Elle utilise le savon « Cléopâtra » résidu de sa gloire déchue. Je déduis. Elle fut l’amante du grassouillet.

Je note. Durant le récit de ses fabuleuses existences, personne ne changea de genre.

Vint mon tour. Je ne me démontais pas sous l’effet du champagne bu.
Je mentais éhontément. Je l’avais, moi aussi, effectuée l’expérience. .

« Vous pouvez raconter , jeune poète ? » me dit sceptique ma voisine la plus proche.

« Me souviens pas de toutes mes tribulations, mais d’une » « Ah bon,racontez » me fit la fausse intéressée. « Je travaillais, à côté, au Palais Royal. J’étais fille de petite vertu et je crois que c’est moi qui fila la chtouille à Louis XIV.».

Un silence glacé suivit.

Adieu, veaux, vaches et cochons, après cette provocation. je fus personnage non- gratta chez ce bourgeois.

Ce fut mon premier non à la farce. Il fut tonitruant. Les autres prirent en compte l’obligation du manger et du coucher. Ils accompagnèrent ma musique intérieure. La précieuse déteste la vanité, d’où mon absence voulue des cercles littéraires. Elle réclame l’authenticité pour dévoiler ses paradis..

Le hasard me fit créer un jardin. C’est notre dimanche. J’y partage fruits reçus durant la semaine, poèmes et prose. Je dis oui à la vie et non au système. Le pourri engendre les injustices.

*************************************************

UN PEU DE LITTÉRATURE

La littérature n’est faite que de légendes. J’écoute une émission sur le Marcel, le prout de Céline. C’est vrai que c’est em*****nt, pontifiant. Il faut mieux lire l’œuvre que les commentaires dessus. J’ai mis trente ans à y entrer dedans, l’univers du divin inverti. Il suffisait, en ce qui me concerne, de lire une centaine de pages avant que son style ne me prenne sous son aile. C’est un Proustien qui me donna ce conseil. Je l’en remercie. J’ai tout lu, relu sa recherche.

Par contre, je suis entré beurre fondu dans le voyage de Louis-Ferdinand et les autres qui suivirent. J’ai même digéré la surface décrépie de son antisémitisme dans ses pamphlets, jusqu’à avaler ses effets de ponctuation dans ses derniers ouvrages.

Je cause un peu, comme eux, les intellects. Je parle de moi à travers l’autre, sans rien apporter au sujet.

Non, finalement, j’évite le grand et le petit, adjectifs que les idolâtres utilisent souvent. Je ne juge pas. Je lis les deux parce qu’ils écrivent le tout. J’y trouve dans leurs créations, les effluves du Sacré.

***

CISELEUR

La chaleur des mots, quand ils se gaussent de l’explication, éclairent. Je dis par là qu’ils dévoilent un mystère que la raison, en ses crocs fermés, refuse l’accès.

J’ai la réalité devant moi, la vraie, celle qui ne s’écoule pas sous le joug d’une époque et de sa morale mercantiliste. Je l’épouse quand réellement je me suis mis à l’abri du faux. C’est- à dire que je me suis oublié dans une somme d’émotions et de sensations pures.

J’échappe par cet acte fou, aux honneurs et aux pouvoirs. aux sombres enclumes que le médiocre met sur toute passion. Je cisèle la liberté acquise.

***

ÊTRE UN RÉSUMÉ

Nous serons
soudain une prose
ayant pris par mégarde
le privilège du poème

Être
non un commentaire
mais le résumé
astral de l’univers

***

QUATRE VINS

Une flamme d’argent

Le hibou civilise la nuit
en ses yeux perçants

Je suis arrivé à prendre
l’or des contrebandiers
dans l’aube
de leurs mains brutes

J’essaime leurs trésors
en mots contraires
lune et soleil
bruit et silence

Je m’affaire
aux quatre vins
de mon ivresse :

parfums
sensations
émotions
plénitude

***

NOTES DU SOIR

1

La liberté, la sensation sublime de l’âme.

***

2

La philosophie est le pet de la poésie.

Serge Mathurin THÉBAULT

23  août 2026J’épluche mes phrases. Je rince leurs mots au cours d’eau de la fée, inspiration. Je veux de l’effet dans m...
23/08/2026

23 août 2026

J’épluche mes phrases. Je rince leurs mots au cours d’eau de la fée, inspiration. Je veux de l’effet dans ma caboche. J’en veux aussi dans les vôtres. Je ne sais pas si j’y parviendrai.

Pour l’instant, je me régale de la fête. Je sniffe enchantements et autres merveilles, sans vergognes ! Je nage ébloui dans les feux de la solitude, soleilleuse. J’apaise mes angoisses. Je culmine au plus haut de la cime du vivant. La locataire des neurones, fée donc, inspiration, joue la cheffe d’orchestre.

Je peins le plafond des couleurs qui m’enchantent, bleu, jaune, vert. Elles changent au gré de mes fantaisies. J’illustre les lexies d’images que j’efface, aussitôt, prestidigitateur, pour en faire naître d’autres, plus puissantes, encore. J’échappe à la prison du mercantilisme, niais..

Je n’ai plus rien à perdre. Je me suis détaché du superfétatoire. Il me semble avoir tout vu. Ma tâche est encore grande, temps restant, de vous rendre compte de mon incroyable parcours, de me dédouaner de mes défauts en créant si possible une langue bleue dans laquelle vous vous retrouveriez. J’y arrive ?

Je n’ai nul besoin d’être édité, déjà fait par nécessité. Je dis m***e à la postérité et sa cousine vanité, oui à l’oubli, vérité de chaque vie. Je gère l’apologie de l’authenticité. J’essaie par ces chroniques dominicales de vous faire effleurer du nez, des mains, de l’âme, ce merveilleux qui justifie toute existence.

Julie, cheveux châtains chassieux, a des fesses planches, des seins noisettes. Pauline, jolie brune, c’est tout le contraire. Un fessier rebondi niche sous sa jupe, des roberts voluptueux, fermes, dévoilent, parfois, leur érotisme à travers un décolleté échancré.

Je minaude auprès de Pauline. Les excès mammaires, au contraire d’Oscar Wilde, ne me laissent pas, indifférent. La muse possède don pour les mettre en évidence, ses jolis melons, quelque soit la saison...

Je néglige pas pour autant Julie. C’est sa meilleure copine. Du charme émane de la filiforme. J’avance mes arguments, sans résultats probant, du moins, au niveau sexuel.

Julie, pour ses refus, justifiait son impossibilité de s’abaisser à cette activité animale avec son presque, frère. Pauline n’eut pas ce scrupule. Le sigisbée ne présentait pas gu**le d’Apollon. Elle lui dit, espiègle. La désirée ne se voyait pas à l’exercice de la bagatelle avec le ouistiti, tant p*s pour lui..

Par contre, nous partageâmes des joies pérennes comme celles de recoudre le monde, mal fait, à notre façon.

J’évoque la puissance de l’âme sur la chair. Le genre n’est pas obstacle à la quête de l’absolu. Il y eut entre le poète et ses âmes sororales, bossant dans l’aigre portage théâtral, une complicité réelle. J’affirme. Une sorte de besoin d’appréhender le monde par sa grandeur et non sa petitesse, nous liait..

Je fortifie ma citadelle, moral. J’accroche à ses créneaux, quelques dentelles, dont celles évoquées ci-dessus. Je suis un incurable. Le crabe n’y est pour rien.

Je poursuis mon périple, sans illusions, d’un monde meilleur. Je le partage, fieffé coquin bouffi de ses contradictions. Elles meurent, je crois, au fil des épreuves.

J’amène sur vos murs les fruits de ma dernière cueillette au jardin des mots.

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TOUT VOUS RAMÈNE A VOS SOUCIS

Qu’ai je fait aujourd’hui avec mon cancer au creux des reins ? J’ai lu. La lecture est une délicieuse alliée contre la malin quoique je ne peux la pratiquer t**d, cause usure de cornée.

Je lis Biély, poète russe. Un roman de lui que je n’avais pas lu : Pétersbourg. J’y retrouve l’âme de la littérature russe. Je suis conquis autant que par ses poèmes..

Sa musique personnelle berça mon oreille. Tiens, je constate, berça est, nonobstant la cédille, anagramme de crabe.

Tout vous ramène à vos soucis .

***

PANACHE

« L’argent, c’est important », me lance ce finaud commerçant pour qui la caisse enregistreuse tient de vérité. Je ne vais pas le contredire. Tout lui donne raison. L’outil a quitté sa place de valet dévolu à celui de maître.

N’empêche, cette vénération de ce veau d’or génère que de l’injustice, soulignant les défauts de l’homme plus que ses qualités. J’use l’éculé.

Le panache n’est plus qu’une expression oubliée. Je la réinstalle sur mes tréteaux. J’enfourche les mots pour en ressentir sa sensation.

***

ÉPHÉMÈRE

Aujourd’hui, vingt de l’août, je lève mon bras grossier vers la soupente d’un rêve inachevé. Car, à l’impossible, disons plutôt le bizarre, je suis adepte. J’éponge mon front d’une serviette bleue sur laquelle se posent des points blancs, rappelant l’ouate des nuages. Tout tient ensemble même dans le contradictoire quand le souffle accepte l’adjectif éphémère.

***

PROMESSE FUT VÉGÉTALE

Promesse fut végétale

Et sur l’arc des toits
grandiloquent
se penche la pendule
d’un temps suspendu

Le vieil arbre
gesticule
ses bras tordus

Il cherche à donner
à ses racines
la respiration du ciel

***

NU

Toute nue S
s’exerce au
geste simple
de colorer
ses cheveux
du geste de sa main

***

LA PLANCHE

Et bien nue qu’elle soit
elle s’habille du coloris
que crée le soir
quand il étouffe
les derniers râles du jour

la planche du chantier

Serge Mathurin THÉBAULT

16  août 2026Ma bouille de pigeon  se régénère d’air dans l’embrasure de la fenêtre. L’azur biberonne mes mots. En seron...
16/08/2026

16 août 2026

Ma bouille de pigeon se régénère d’air dans l’embrasure de la fenêtre. L’azur biberonne mes mots. En seront-ils plus vivifiants?

Sur mon coin de table, couteau bécote une cuillère. Les amoureux furent oubliés après mon petit-déjeuner alors que le bol, lui, rejoignit la cuvette de vaisselle pour être lavé et le pain, sa huche, pour y être rangé..

Je m’empare des amants négligés. Je les intègre dans le paragraphe qu’étirent ces lignes. J’en crée, par ma libellule inspiration, une multitude d’effets. Là, en direct, ils vont de la barque échouée dans la crique au matin blanc couvrant de ses filins de nuages, la dite anse, dans ma tête, ancrée.

Je voyage. Je volette, alouette. Je profite de la chance inouïe d’échapper au cirque matérialiste. Je paraphe, sur manuscrit, l’authenticité de ma liberté.

Voilà dit, ce que je vis, de plus en plus souvent, depuis que je m’améliore en ma recherche intérieure. Je ne dé***ne pas. Je secoue l’ombre du prunier pour en faire des étincelles.

Vous ne percevez rien ? Allez, effort, à l’instar de bibi, nettoyez-vous des miasmes du faux. Entrez, vous aussi, par le chas de l’aiguille au royaume de l’imaginaire.

Je descends de ma tour. Je reviens au concret. Je vous parle de bo**el.

Oh n’allez pas croire que je vous emmène au lupanar ! Pas si libidineux que çà, le Mathurin. Il pourrait. Le marginal les a fréquentés, les boxons. En Espagne, en Turquie profonde et surtout dans les pays de l’est, le poète y fut un client atypique des bars aux filles presque nues. Kafka n’y allait-il pas ? Le Sacré se cache aussi dans le singulier

Non, ce jour, l’esthète détourne le sens du mot associé, aussi, à l’anarchie. A travers ce vocable, le dandy évoque l’universel, enfin, celui à sa portée. Il ne l’explique pas. Il en balbutie l’infini, espère qu’il ira titiller les parois délicates de votre sensibilité. Il officie, poète.

Le crabe est un locataire définitif des reins. L’oncologue précise, il n’est pas agressif..

Toutefois, la cancérologue tient à le circonscrire à ce territoire. Pour ce, elle préconise un traitement médicamenteux, Elle rassure, c’est non curable mais pas létal, un peu comme un diabète, il faut surveiller. Cela peut durer de nombreuses années.

Je prends. Du moment, que je m’offre des instants de transcendance, je suis prêt à souffrir, à nouveau. Cela sera tout bon pour nos dominicaux. ils continueront à fleurir sur vos murs et sur le mien, le jour du seigneur..

C’est tout que j’avais à dire, ces jours où je ripoline la façade de ma raison. J’utilise la laque bienheureuse du verbe, pour remonter le moral, chancelant..

**********************************************

Entre vos mains
une faim
inextinguible

Alors conseil
- si vous pouvez -
prenez
les feux de l’aube
de passage
dans vos dés pipés

Écossez-les

Vous trouverez
en vous celé
le vrai que vous cherchez

***

LEXIE MATINALE

« C’est en ville que se voile la mort, sous l’auvent des restaurants de la trépidante consommation. C’est dans le feu follet de l’agitation que tisse sa réalité la camarde prometteuse de soucis achevés »..

Écrite ce matin, lexie, sous la languide fatigue d’un sommeil qui ne remplit plus son office : laisser nette la place de la tête pour recevoir une profondeur légère de l’esprit.

***

DEUX SURFACES

A l’angle de la fenêtre
sur le crép*s gris
dansent les ombres
de quelques feuilles
du chêne
en face

Sur le bas
de mon ventre
les hématomes violets
de piqûres faites
par l’aiguille introspective
d’une infirmière

Sur les deux surfaces
je réinvente mon imaginaire.

***

RÉSULTAT D’UNE ANALYSE

J’invite à ne pas être penseur. Je voudrais fondre l’instant dans l’écrit, ne plus être qu’une sensation qu’émane l’émotion quand elle niche, parfaite, entre les os de la tête et ceux de l’esprit. J’ambitionne, démesuré. L’aube habille le fin voile de ma folie. M’analysant toute l’après-midi, je me suis convaincu d’être à ma place.

Je pris mon chemin en main. Je m’enfilai la liqueur des étoiles, sans déranger personne de mon fumeux destin. Je fus, je crois, moi, une authenticité dans une société qui ne s’inscrit que sur le faux du paraître.

***

UN ART

Bleu avale le jaune et sur la façade blanche, décrit une onde que seul mon œil taupe perçoit. C’est un art de voir le soir sous l’angle de la lumière.

***

Dis
c’est quoi la solitude
sinon d’être soi

Si elle est subie
bien-sûr
elle devient isolement

Elle nous éloigne
de toute féerie

J’ignore l’ennui
car avec la solitude
je le renouvelle
de sensations nouvelles

***

Expliquer est enlever toute possibilité d’y croire à l’élévation.

Serge Mathurin THÉBAULT

9 août 2026Lorsque le printemps manque à ma casbah, la cérébrale, je le recrée. Pour ce, je flagorne. Je mets sous l’écu...
09/08/2026

9 août 2026

Lorsque le printemps manque à ma casbah, la cérébrale, je le recrée. Pour ce, je flagorne. Je mets sous l’écume de ma soupière, une palette de couleurs, vert, jaune, bleu, rouge. J’y ajoute une pincée de sensations parfumées. Je m’adresse en attendant qu’elle vienne. Je ne dévie pas de sujet. Je vous entretiens, de ma compagne, la capricieuse fée, inspiration.

Pour tout dire, je pratique ainsi depuis longtemps. C’est ma seule façon de justifier mon existence, d’échapper au lourdingue, d’oublier le mesquin, le médiocre, surtout le mien.

Bon, ce n’est pas tous les jours, réussite. Fête n’est pas au menu quotidien. Mais insensible aux-dits bonheurs matériels, aux honneurs trompeurs, fossoyeurs d’authenticités, je trouve mon miel dans ces instants où je pousse mon bouchon au-dessus et surtout en dehors du marigot.

Quoique, cette manœuvre me fond aussi dans la matière de mon époque mais sans calculs, sans affects. Je métamorphose le Quasimodo en Prince des nuées.

Vous vous dîtes. L’aède sort violon pour en jouer concerto. Il veut se faire virtuose.

Non, j’exprime dans la maladresse de mes mots, ce que je vis et ressens et si vous ne pouvez suivre (ce qui m’étonnerait), je perdure l’expérience car il n’y a de soleil accessible que celui que l’on fabrique.

Je vous emm***e, peut-être, avec mes envolées. Bon, je remets la laisse sur la phrase. Je vous cause de quoi , moi ? Je fouille ma besace des anecdotes. J’ai tabac dans ma tabatière.

Je pourrais évoquer le sensuel, voire le grivois. Il y a des clients pour cela. Je pourrais aussi me satisfaire du quotidien, en soustraire le merveilleux que mes yeux perçoivent.

Bizarre, aucun chemin ne s’ouvre devant moi. Alors, je pose ma main droite sous le menton. Je ne réfléchis pas, j’attends décision. Je parle toujours de la fée, celle qui dans ma tête me rend la vie, si jolie.

Rien ne vient. La gueuse n’est d’aucune aide. Je pense à une historiette, littéraire, vécue. La capricieuse n’en veut pas. Les mots se cabrent.

Je suis couillon en mon couvent. Comment vais-je le finir le pensum liminaire ? Je ne m’inquiète, pas trop. Idiot est ma nature. Je prends l’instant comme il vient. Je suis le con parfait, celui qui n’imite pas les autres. Je compte sur votre indulgence et une intervention miraculeuse de l’imaginaire pour conclure ce texte.

Tâte son poignet, comme un médecin inquiet, la terre. L’image me vient à l’improviste. Je la relate, ne la décris pas, impossible, Rien n’est plus inepte qu’écrire le sublime surtout quand il annonce une catastrophe. Il faut le vivre.

Le grandiose se faufile dans ma chaloupe brisée. Le gredin apporte couleurs luxuriantes et un jet de lumière. Ce dernier semble traquer au creux des reins, le crabe y logeant..

J’y crois. Je m’isole de vous dans cette idée là. Car,vivre pour moi, c’est donner une espérance. Je flûte un morceau avec la félicité.

J’officie, donc, dans cet état, mon rendez-vous dominical. Je dépose sur vos murs poèmes et proses écrits durant la semaine.

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MOMENT DE TRANSE

L’ombre esquisse son dessin sur un visage. C’est un abstrait, un quelque chose qui suspend l’instant dans une gangue de merveilleux. N’étant point intellectuel, je m’électrifie de la scène. Je laisse mes encres sèches trouver dans ses lignes le propre sens de leur composition.

***

LA CÉLÉBRITÉ, PFF

Je n’ai rien à prouver. La célébrité, pff, ne peut être ni un but, ni un salut. Je félicite mon chemin qu’il ne soit pas tombé sous l’emprise de ce piège, le pouvait-il ? C’eut été une trahison fatale faite à l’âme.

La gueuse nous éloigne de l’essence. Je l’ai dit aux aînés. Je maintiens mon mépris pour cette illusion du paraître saumoné de pouvoir. Je cherche à m’écouler dans le grandiose où se niche le suc de toute chose, quand elle s’est lavé de l’immonde sentiment de l’affect. Je préfère l’anonyme à la gloire..

Petit lutin s’éveille en ma tête. J’amincis ma perception. Je vois encore plus loin. Je suis raccord avec mes refus.

Mieux, je me répète mon non salvateur. Surtout, ne pas s’enfoncer dans la tourbe des idolâtries, avoir en soi, cette capacité à dénicher la lumière quand l’obscurité est profonde. Ne rien attendre qu’une transcendance !

***
JE FUS LÀ POUR

Sous le nez de l’aurore
l’ongle du cyprès

Plus loin près de la
ligne chemin de fer
un chevreuil et la goutte
amère de l’existence
sans sens

Je fus là - non -
pour être admiré

Je fus là
pour chanter

***

UN REMÈDE

La barque sur l’étang et la soupe des nuages filtrant dans son coton, un rai de soleil.
L’image saisit le cerveau au moment même où sur le moiré des ardoises, un moineau s’envole vers le ciel. Les doigts en esquissent une toile fictive, furtive sur laquelle s’’évanouit tout souci Je me soigne ainsi. Je récupère l’instant en sa magnificence.

***

TÊTU BESOIN

Avec ceci de particulier

Je tente de trouver
dans chaque chose
le subtil
de la métamorphose

Je m’astique
sous le têtu besoin
de voir le celé
pour aller plus loin

***

LEXIE D’AVANT COUCHER

Au bistrot. « Ah quelle réussite » déclare le quidam en parlant d’un écrivain connu vendant ses œuvres comme des petits pains. S’adresse--il à moi. ? Je maintiens que l’écriture ne peut être métier mais une façon de s’élever pour être autre chose qu’une somme de vanités et d’envies. Je réitère : chercher une forme sublime du non au médiocre.

Serge Mathurin THÉBAULT

2 août 2026Et tac, je taquine les oiseaux, mes poteaux. J’immisce au milieu de leurs ailes la pointe plume de mon verbe ...
02/08/2026

2 août 2026

Et tac, je taquine les oiseaux, mes poteaux. J’immisce au milieu de leurs ailes la pointe plume de mon verbe et galoupiot, je vole, oui, je vole à leurs côtés. Je crée mon miracle journalier. J’échappe à la tourbe des castrés du merveilleux.

Je m’étonne. Mon traitement de textes ne connaît pas le mot galoupiot. L’imbécile le souligne en rouge sur l’écran. Pour lui, il n’existe pas. Je suis dubitatif. Il m’est naturel, pourtant, le vocable..

Je ne sais plus depuis combien de temps l’olibrius se balade dans mes écrits. Je l’ai peut-être mal orthographié. Je me renseigne, je le renseigne, le puits de science informatique. Je consulte mon vieux dictionnaire.

Mémoire ne trahit pas son griot. J‘écris dans le français, pur. Le terme désigne un petit enfant, souvent espiègle, malicieux ou turbulent. La définition atteste ce que je fus, ce que je suis, ce que je serai toujours. J’en tire fierté de l’être demeuré malgré les épreuves subies et vécues.

Vient un bruit de moteur déranger mon oreille. Il ne provient pas de la rue. L’importun ronronne dans la baffe de mon ordinateur et sert de fond sonore à une émission d’histoire que j’écoute distraitement, en rédigeant ses lignes liminaires. Les experts, tout melon de leurs connaissances, traitent d’une période sombre, celle de la collaboration.

Je cause de l’instant pour créer décor. J’ignore le motif. J’accompagne le crin-crin qui grince dans ma tête.

J’y suis resté près d’une heure avec la Solène (voir semaine dernière) et sa copine . Je ne suis pas vache. J’en dis plus. La demoiselle n’a que vingt-sept ans et habite à Reims. La salariée travaille dans une banque. Elle est de passage, venue, comme elle dit, voir ses vieux oubliant qu’ils appartiennent à ma génération.

Elle ne s’illusionne pas. La jeunette s’avoue célibataire mais n’attend pas le prince charmant. Elle n’a pas de projet précis. Elle attend. Sans savoir, la sensible s’est mise à l’écoute des signes. Cela nous rapproche. Nous avons échangé nos numéros. J’ai déjà perdu le sien. Qu’importe si poésie veut, nous nous reverrons.

L’évocation de la ville du sacre des rois vient souffler une anecdote à mes neurones chatouilleuses.

C’était au temps des veaux maigres. Était-elle née ? Je végète dans les emm***es financières. A Paris, au jeu de l’acrostiche, je rencontre un respectable. Le bien-assis œuvre directeur, dans la cité champenoise, d’un théâtre institutionnel. Le bienveillant m’invite à le visiter. Il est tout prêt à m’aider.

Quatre jours plus t**d, ayant réuni mon écot pour le voyage, je débarque à la gare du centre-ville. Je visite à nouveau la cathédrale, rassasiant ma soif du Sacré. Puis, je me rends à ces bureaux officiels.

Là, les hôtesses me battent froid. Le patron ne pouvait être dérangé. D’ailleurs, l’auguste ne recevait pas, à l’improviste, des énergumènes de mon style. Il avait d’autres chats à fouetter..

Je n’insiste pas. Déconfit, je sors du haut lieu et trouve refuge dans un bistrot à côté. De là, je lui téléphone avec mes derniers francs..

Il sort de sa tour et vient me rejoindre, maugréant contre son personnel qui m’avait accueilli, ainsi.

Pas grave, je suis un habitué des rebuffades. Je n’ai gu**le pour aucun emploi. Je susurre mes mots craignant d’être entendu. Ma survivance n’est qu’une conjugaison de rencontres et de hasard, rien de plus.
Je la perdure, avec malice, en envoyant, sur vos murs, chaque dimanche, ma cueillette hebdomadaire. La nouvelle suit.

*************************************************

AU FAÎTE DU RÊVE

Je dessine sur la nappe une orange de soleil. J’abrite sous mon doigt la fraîcheur d’une lune. J’agite entre les volets, le clair obscur d’un crépuscule qui met sa passion à mourir dans la réalisation d’une toile d’art, parfaite.

Qu’en ai-je à fo**re des motivations qui agitent les autres. Je suis poète. J’engrange les sensations, champ cultivé par le millier des ép*s de blés. Je n’appartiens donc à rien et rien ne m’appartient. J’opère silence sur le rebord du gouffre. Je tête le p*s de l’imaginaire.
Je ne souffre même pas ou plutôt je trouve naturel de payer le prix d’une telle liberté.

Comme c’est vrai. A quoi bon de ne pas l’écrire ? Je culmine au faîte de mon rêve.

***

Ne pas expliquer
le poème
le suivre
Je le lis
comme je l’écris
habité

***

L’EFFET CRABE
Embaumées, étalées, répandues, odeurs s’empoignent de l’air et diffusent une légèreté qu’aucun geste ne pourrait traduire. Je suis assis dans l’ombre. Le corps ne peut plus se mouvoir longtemps sous le joug du soleil.

Je profite de cette faiblesse pour ajourer mes mots d’une sensation à mes tempes encore inconnue, celle de s’imprégner de la notion d’éternité.

Je n’ai pas peur de la mort. Je ne me pose plus la question de la finitude. Je suis, enfin, moi-même, c’est à dire je cisèle mes ailes sur ma carapace de tortue. Je nomme ce miracle, l’effet crabe. Le locataire du rein n’est pas étranger au titre du texte.

***

LA MÉSANGE

La mésange vole, vole

Et maintenant l’air
en est tout étourdi

Une bouche de cerisiers
avale le pain du ciel
et répand sur le sol
une poussières d’étoiles
Libère des lors
- chant parfait -
une musique
ses notes
sur la crête des peupliers

***

La pulpe et la pudeur
et tout secoue ma couenne

le cyprès
sous l’aune du soleil

la strie malicieuse
sur le visage du volet

la rosée une étoile

Moi et les codes ?
J’ai tué un ennui rapace.

Serge Mathurin THÉBAULT

26 juillet 2026Les jolies zieutent, l’une brune, l’autre châtain. Elles dévisagent, presque. Elles jacassent observant d...
26/07/2026

26 juillet 2026

Les jolies zieutent, l’une brune, l’autre châtain. Elles dévisagent, presque. Elles jacassent observant de leur table sur la terrasse, l’intérieur du bistrot où je feuillette, buvant mon café, nonchalant solitaire, un recueil de Guy Goffette, « un manteau de fortune ».

Pas con, je devine que je suis objet de leur conversation. Les oiselles regardent vers ma direction, tout en consultant le smartphone de l’une d’entre-elles, fiévreusement..

Je m’étonne. Je ne les connais pas les péronnelles. L’une et l’autre, habillées par l’été, bercent leurs formes de robes moulées, colorées. Elles babillent, jeunes, un éclat qui n’a pas la trentaine.

Tout à coup, celle aux cheveux d’ébène, se lève, se dirige, derechef, vers mon perchoir. Polie, avec une voix quelque peu hésitante, supposant l’effort de la démarche, s’adresse au vieux corbeau et ose lui demander s’il n’est pas Serge Mathurin THÉBAULT

J’acquiesce. L’anonymat n’est donc pas mon habit. « Ah, poursuit-elle, radieuse, j’en étais sûre, vous êtes mon enfance ».

Sur ce, presque désinvolte, l’intruse demande à s’asseoir. J’autorise. Le bourru est toujours poli face à la jeunesse. Elle hèle sa copine. Celle-ci nous rejoint.

Je suis « son enfance », bizarre. Je lui demande le pourquoi de son expression. Sans détours, la donzelle explique. Il y a presque trente ans, ses géniteurs demandèrent à ma pomme, d’écrire un acrostiche sur le prénom de leur fille qui venait de naître.

C’était elle, Solène.. Les auteurs de ses jours calligraphièrent le poème et l’encadrèrent, le posèrent dans sa chambre, devenant peu à peu le confident à qui on dit tout et qui sait se taire. Il trône encore dit-elle dans la piaule où elle dort et la suis partout comme une ombre..

Elle m’a reconnu parce que, petite fille, son daron lui avait montré le zébu trottinant sur le trottoir. Je n’ai pas trop vieilli, physiquement parlant, donc !

Je ne me rappelle plus du visage des parents. N’en ai pas le souvenir du texte. Elle me le montre. La muse l’a photographié sur son portable. Fée était en forme, les vers suivaient une musique.

J’eus donc vie qu’il fallait. Le calcul ne fut jamais le majordome de ma maison. Je reçois vieillissant des fruits d’âme qu’aucune soumission à la kermesse du troupeau ne m’aurait donné.

Cette rencontre efface les soucis du moment. Mieux, elle justifie mon guingois itinéraire et cette libertaire pensée quand seule compte la beauté qui loge dans l’humain et les interstices du faux.

Je suis braillard du silence. Je nique les soucis. Je m’en branle le nourrisson des véniels péchés. Je fais à nouveau face à la gueuse, pour la troisième fois. Je lui vole encore ce dimanche pour égrener sur vos murs, poèmes et proses, nés d’un cerveau devenu serein après tant d’agitations.

Que la vie est jolie quand on la vit vraiment !

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LA PRIÈRE DES TILLEULS

La prière des tilleuls frémit. Pour qui voit, l’autel est le ciel et les feuillages remplacent prêtres. Il n’y a rien d’audible dans le louange qu’ils lancent lorsque leurs branches épousent l’air qui les traversent.

J’écris nu. Je me libère de l’effet. J’entre à l’intérieur du babil muet. Je sens jusqu’à la glotte de ma gorge le sacré de leurs messages.

Dis, écrire c’est pour l’autre ? Non, il n’a dans l’affaire qu’un rôle secondaire. Écrire, enfin ce qui me concerne, tire sa flamme d’un autre braser. J’effectue, l’exercice, appelé. Je ne cherche ni cause, ni raison de l’opération. Je pratique jusqu’à la déraison la fugitive passion du vivre.

***

COULEURS

Aujourd’hui est
celle qui convient
la teinte bleue
attachée aux volets

Demain une autre
prendra sa place
ou ce sera le noir parfait

Je m’arrange
du changeant
des couleurs
de mon territoire

Je les pétris
Je les encense

Elles me font poème

***

SOUS LA CHALEUR

Quelques herbes chétives
malgré la canicule
dansent Saint-Guy


sur la branche
un moineau se sert
de ses ailes
éventail de plumes

L’asphalte colle aux souliers

Mince tissu habille le passant

Sois la sueur
et tu comprendras
ce qu’il faut d’eau
pour vivre

***

DEMEURER
EN ÉTAT DE POÉSIE

Peut-être les feuillages touffus
apportent au vide
la couleur
qui marque sa présence ?

Je ne sais pas
j’écris
comme çà pour
demeurer en état
de poésie

**

EXIGENCE AUX ESGOURDES

Je parlote avec mes oreilles. J’exige qu’elles n’enregistrent plus que ce qui a une importance. C’est-à-dire le son qui m’amènerait vers la transe..

Serge Mathurin THÉBAULT

Adresse

Auray
56400ET75006

Téléphone

0618092100

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