27/03/2026
Prix du carburant en 2018 : 1,50 €.
La France entière en gilet fluo sur les ronds-points, les palettes qui brûlent, les cabanes en bois, les merguez, les débats sur BFMerde, les CRS qui distribuent des pruneaux au Flash-ball comme à la fête foraine. Des éborgnés, des rotules sur le bitume…
Pour 10 centimes de plus, le pays était à deux doigts de renverser la Vᵉ République. On se rappelle tous que le Manu avait un Hélicoptère prêt à décoller sur la pelouse de l’Élysée. Que cet empaffé de Griveau, avant de se faire prendre en flag la nouille à l’air, avait dû fuir par les sous terrains de son Ministère quand les mecs avaient défoncés les portes au Fenwick !
On avait l’impression que si le litre montait à 1,60, on allait ressortir la guillotine et la sciure...
TOUS À LA LANTERNE P’TAIN !
Hier je vais à la pompe.
2,30 € le litre.
Deux euros trente.
Pas un murmure. À part mon petit " en**lé " lâché pour moi même. Pas un klaxon.
Pas un rond-point occupé.
Même pas un type en gilet jaune, même pas un retraité avec un sifflet, même pas un mec bo**ré qui gu**le contre la République en tenant une merguez froide avec une Casquette de la CGT.
Un trajet que je payais 20 euros m’en coûte presque 40.
À ce rythme-là, bientôt on fera le plein en plusieurs mensualités, avec un tableau d’amortissement, un échéancier, et un conseiller bancaire pour tenir le pistolet pendant que tu signes le crédit.
En 2018, pour 1,50 €, on parlait de révolution.
En 2026, à 2,30 €, on dit merci, on remet le bouchon et on souhaite une bonne journée au pompiste comme si on venait d’acheter une baguette.
Encore un peu et on demandera la carte de fidélité pour avoir un plein gratuit au bout de cinquante pleins… soit en 2047 si tout va bien.
BO**EL.
Le plus impressionnant, ce n’est même pas le prix.
C’est la résignation. Moi, toi, les autres, on est en train d’abdiquer. On se laisse embobiner comme un client chez le garagiste quand il te parle du joint de culasse avec des mots en latin.
On nous a tellement habitués à se faire ouvrir le portefeuille sans anesthésie qu’on finit par tendre la carte bleue avec reconnaissance, on remercie le dentiste pendant qu’il nous arrache les ratiches une par une sans piqûre.
On ne râle même plus, on vérifie juste qu’il reste assez sur le compte pour ne pas être humilié devant la pompe et faire les gens qui ont du blé en mettant 10 litres en sifflotant alors qu’on sait qu’on est pressuré comme un tube de dentifrice à la fin du mois, quand on plie même le bouchon pour gratter !
Avant, on bloquait les routes.
Maintenant, on bloque juste notre découvert.
Avant on mettait des palettes en travers des carrefours, maintenant on met des alertes sur l’application bancaire pour éviter l’AVC.
On nous expliquait que 10 centimes c’était insupportable.
Aujourd’hui on en prend 60 dans la gu**le et on regarde le ticket comme si c’était la météo :
“Ah… ça a encore augmenté… bon… tant que je peux aller au taf en voiture pour payer l’essence qui me permet de rouler avec la dite voiture…”.
On ne demande même plus pourquoi, on demande juste si on peut payer en deux fois sans frais.
JUSQU’ICI TOUT VA BIEN.
Le vrai progrès, il est là.
Pas dans les voitures électriques, pas dans les radars, pas dans les discours.
Non.
Le vrai progrès, c’est qu’ils ont réussi à faire passer les Français, du peuple qui fout le feu pour 1,50 €
au peuple qui ferme sa gu**le à 2,10.
Avant, on mettait un gilet jaune pour protester.
Maintenant on met un pull parce qu’on ne peut plus payer le chauffage.
Et le plus fort, c’est qu’on continue à rouler.
On râle, on souffle, on serre les dents…
mais on remet quand même du carburant,
comme des hamsters qui payent eux-mêmes la roue dans laquelle ils courent.
L’excuse du Détroit d’Ormuz me fait juste mourir de rire LITTÉRALEMENT comme si c’était moi avec ma FU***NG Ford qui le bloquait ce FDP…j’ai entendu tout à l’heure sur RMC, on commence à nous parler de " choc pétrolier " alors que les compagnies ont de le réserve pour des années mais bon ça passe crème quand on te parle de pénurie, de choc, FORCÉMENT tu paies sans réfléchir…
Et ça, faut reconnaître… c’est une belle performance.
Parce que pour réussir à faire payer 2,10 € le litre
à un peuple qui a fait trembler le pays pour 1,50, faut pas être bon.
Faut être chirurgien.
Ou illusionniste.
Ou banquier.
Ou MON-CUL-SUR-LA-COMMODE…
Tant qu’on ne dira rien, on se fera rouler dans le baril de Brut
Texte inconnu