10/11/2017
Et vous qu’en pensez-vous ?
Alors qu’elle semblait être la solution du futur, la voiture électrique est de plus en plus controversée !! Certains chiffres avancés par l’ADEME ne lui sont d’ailleurs pas très favorables
En effet l’Agence a publié un bilan sur les impacts environnementaux des véhicules électriques… et la voiture électrique réduit très peu les émissions de CO2 - à moins d’être alimentée en électricité nucléaire ; elle consomme beaucoup de ressources rares : le résultat est loin du miracle annoncé.
Pas de gaz d’échappement toxiques pour le véhicule électrique certes, mais sa fabrication consomme beaucoup plus de ressources fossiles et rares que celle d’un véhicule essence ou diesel. A elle seule, la batterie consomme le plus de ressources minérales et représente la moitié de l’énergie consommée. Les progrès techniques ne devraient guère changer ce bilan à l’horizon 2020…
Un véhicule électrique et un diesel consommeraient au total autant d’énergie primaire l’un que l’autre (un peu plus pour une voiture à essence) : ainsi, pas d’économie d’énergie à attendre de la voiture électrique. La fabrication du véhicule représente 20 % du total dans le cas du diesel, et 37 % pour l’électrique.
Et l’impact sur le climat ? Tout dépend de la source d’électricité
Avec l’électricité allemande, issue à plus de 40 % du charbon, un véhicule électrique émet à peu près autant de CO2 qu’un véhicule diesel sur 100 000 km, ou 10 % de moins s’il roule 150 000km, en admettant qu’il n’y ait pas besoin de changer de batterie entre-temps (ce qui reste douteux).
Le bilan est un peu meilleur pour le véhicule électrique dans d’autres pays d’Europe, vu la nature de leur électricité. Mais pour trouver une vraie différence, il faut venir en France. Avec 76,5 % d’électricité nucléaire en 2012 (74 % en 2020, selon le scénario de l’ADEME), le véhicule électrique émettra 55 % de CO2 en moins sur 150 000 km. Le véhicule électrique ne vaut donc que par le nucléaire. Mais pourquoi pas les énergies renouvelables ? Parce qu’à puissance égale produite, il est déjà très difficile de remplacer l’électricité existante par des renouvelables ( comme le montre l’exemple allemand ), et avoir en sus de nouveaux gros consommateurs électriques ( comme les voitures ) rend la tâche pharaonique !!
Pour les écologistes, la voiture électrique appuyée sur le nucléaire n’est pas une solution acceptable. Les risques du nucléaire, le problème de ses déchets, l’impact sur les pays producteurs d’uranium sont d’ailleurs absents de l’étude de l’ADEME.
De plus, la "solution de mobilité" offerte par le véhicule électrique est elle aussi contestée. En effet, selon le scénario de base de l’ADEME, une voiture électrique est un véhicule urbain (compte tenu de l’autonomie limitée des batteries), qui roule 150 000 km en 10 ans de vie, soit 40 km par jour parcourus en voiture en ville. Là encore pour les écologistes ce n’est pas un usage efficace et cela relève en soi du gaspillage, Pour eux la vraie solution en ville est les transports en commun et les circulations actives.
La voiture « propre » ne semble donc pas avoir encore été inventée, et nos bonnes vieilles voitures à moteurs thermiques ont encore un bel avenir devant elles…
( source : Les amis de la Terre )