12/06/2026
🔍 Ceux de 40
Un officier du 57ème Régiment d’Infanterie Coloniale note dans le journal de marche : « Versigny est atteint dans la matinée du 11 juin 1940. La troupe n’a pas connu de repos depuis trois semaines, après les combats sanglants devant Amiens. Les replis harassants, le sommeil rare et le ravitaillement irrégulier ont usé les forces physiques des combattants mais l’état moral reste bon ; européens et indigènes accueillent avec satisfaction l’ordre d’arrêter l’ennemi sur un terrain qui va être organisé rapidement jusque dans la nuit. Dans la soirée une contre-attaque du 4e RIC refoule les allemands qui avaient pris pied à Rosières mais les tirs d’artillerie de l’ennemi blessent quelques tirailleurs et tuent plusieurs chevaux.
Le 12, vers 11 heures l’ennemi commence des tirs de réglage et ajuste ses tirs de harcèlement sur Versigny et le château. Vers 14h30, c’est l’écrasement de nos positions ; des obus de 77 et de 105 s’abattent pendant que des avions, par groupes successifs de quatre, mitraillent et bombardent le terrain. Un épais voile de fumée réduit la visibilité à quelques mètres. Nous déclenchons une attaque précédée de rafales d’armes automatiques. Les combats sont violents dans la fumée, l’ennemi a lancé des fusées, ce qui a permis à des parachutes de descendre. L’un d’eux, blessé, est entre nos mains.
Les combats se poursuivent au cours de la deuxième nuit. Un poste de secours régimentaire fonctionne dans les caves du château. Nos pertes sont importantes. L’ordre de repli est donné est donné à 24 heures. Un médecin et un infirmier volontaires resteront au chevet des blessés. Nous aurons laissé 246 officiers et hommes de troupe, blessés ou disparus lors de ces combats et de ceux de Saleux (Somme), les jours précédents
Il y a eu aussi le 11 et 12 juin des combats dans le bois d’Auger et Ormoy.
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