24/08/2026
Le sang des génies.
Coline Gatel.
Il aura mis du temps à me parvenir, ce 3e tome de la série commencée avec Les suppliciées du Rhône. Un an, pour être précis, en raison d'une erreur de la poste, et grâce à l'autrice qui a assuré un second envoi avec beaucoup de gentillesse après tous ces mois.
Un troisième tome qui a également un parcours tortueux, après la liquidation de la maison d'édition ayant porté les deux premiers, et qui n'a laissé que le choix de l'autoédition pour clore la trilogie.
Ma crainte était donc que le soufflé soit quelque peu retombé pour moi qui avait adoré les 2 premiers tomes.
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Comment allais-je pouvoir replonger dans l'ambiance qu'avait installée les précédents opus ? Retrouverais-je l'engouement suscité par la lecture des aventures de Félicien et Irina ?
C'est donc partagé entre cette crainte et une attente néanmoins forte de repartir dans l'univers des deux romans que j'avais tant aimés que je me suis lancé.
Ce qui, il faut bien le dire, n'est certainement pas la meilleure disposition pour aborder un livre. Surtout si dès les premières pages on se rend compte qu'il manque effectivement l'étincelle attendue.
Avec le recul aujourd'hui, j'ose pouvoir dire que je suis a minima à moitié fautif : trop d'espoirs de ma part m'ont certainement empêché d'être neutre à l'entame de cette lecture. J'attendais sans doute plus, après un an et des souvenirs et une opinion magnifiés par les mois écoulés depuis la fin du second tome.
Mais je pense néanmoins, et suis ouvert pour en discuter, que le début de ce 3e pèche par facilité. Parce qu'il a été compliqué de se lancer dans l'écriture en ayant à l'esprit la gestion future de l'autoédition ? [attention, pure spéculation de ma part, puisque j'ignore si l'écriture a chronologiquement démarré avant que la ME annonce sa disparition]. Temps nécessaire à retrouver, au fil de l'écriture, un style et une narration plus appliqués ? [là encore, supputation de ma part sur l'apport qu'aurait pu avoir des corrections par une relecture de la ME, ici laissée à des betas lecteurs moins exigeants ?].
Bref, j'ai passé quelques chapitres l'esprit pollué par le constat amer que la magie était peut-être évanouie, et que je n'allais pas autant goûter cette 3e partie. D'autant que Lyon n'est plus le terrain de jeu de nos héros (et en tant que Lyonnais, cela faisait aussi le sel de cette lecture), transportés en Bavière !
Alors quoi ? On abandonne ? Le dépit plaidant pour ne pas poursuivre et donner rétrospectivement un goût amer à l'ensemble ?
Ce serait dommage, considérant que je n'ai que rarement pu me résoudre à abandonner un livre, aussi médiocre fut-il. Un masochisme cultivé qui m'a presque toujours poussé à terminer une lecture, ne serait-ce que pour savoir "comment ça va se finir cette histoire ?", "il/elle veut aller où avec son livre ?".
Donc, rien n'étant par ailleurs rédhibitoire dans ce Sang des génies pour le moment, et conscient que j'étais en partie la cause de mon désenchantement, on poursuit.
Et peu à peu... j'ai retrouvé ce que j'avais aimé dans les autres opus. À quel moment ? Je ne saurais le dire. Mais j'ai dû constater, lorsque prenant de la distance en pleine lecture j'analysais le moment, que de nouveau je me trouvais embarqué dans la narration, le style, une meilleure maîtrise de l'ensemble, qui semblait avoir retrouvé sa plénitude à mesure que l'autrice elle-même reprenait pleine possession de son talent (jugement à remettre en perspective de mes remarques précédentes, il va sans dire).
Pour finalement reprendre plaisir à retrouver les protagonistes de cette aventure qui très certainement connaît ici son épilogue (pour la trilogie c'est certain...).
Je ne m'étendrai donc pas sur le résumé (voir le lien), mais souhaite néanmoins redire que Coline Gatel, dans ce triptyque, puisque je n'ai lu que cela d'elle, est une autrice qui a le talent de m'embarquer dans un univers qui me parle, réveille des fibres universaliste et féministe qui rajoutent au plaisir de la simple narration de l'intrigue. Que sa manière documentée de poser des références, sa volonté de soigner le vocabulaire lui donne une place particulière dans mes lectures pourtant nombreuses. Et je comprends rétrospectivement pourquoi j'ai aimé vivre au côté de ses héros une aventure désormais chapitre clos de mon parcours de lecteur.
Merci mille fois Coline Gatel pour ces moments, et j'ose espérer que mon long développement et mes élucubrations personnelles sur mes déboires de lecture ne seront pas jugés trop sévèrement. 😉
Informations Titre : Le sang des génies Auteur : Coline Gatel Éditeur : BOD Nombre de pages : 352 pages Formats et prix : broché 18.90 € Date de publication : 2 juin 2025 Genre : polar historique…