25/08/2026
Histoire
25 août 1906
Henry Deutsch de la Meurthe fonde un prix d'aviation s'élevant à 20 000 francs : à savoir une course sur le circuit Saint-Germain, Senlis, Meaux, Melun, Saint-Germain ouverte à n'importe quel engin volant.
Outre la somme d'argent, le vainqueur recevra une coupe valant 10 000 francs.
Il s'agissait d'une compétition internationale de vitesse ouverte annuellement du ler mars au 31 octobre et se disputant par voie de défi : durant ce laps de temps, tout concurrent pouvait se présenter aux jour et heure de son choix afin d'effectuer un circuit de 190,400 km de long, ayant pour points de départ et d'arrivée la terrasse du château de Saint-Germain-en-Laye et passant par Senlis, Meaux et Melun.
Le tenant initial de la coupe serait tout naturellement celui qui exécuterait le premier le parcours imposé.
Pour lui ravir son titre, il faudrait, avant la clôture annuelle de la compétition, améliorer la performance de ce tenant initial d'au moins 10 % et ainsi de suite.
Trois primes d'un montant de 20 000 francs devaient être attribuées, la dernière donnant lieu en outre à l'octroi de la coupe, d'une valeur supplémentaire de 10 000 francs.
Malgré l'importance des sommes mises en jeu, il fallut attendre presque six ans avant que l'épreuve fût effectivement courue pour la première fois... c'est en effet le 27 avril 1912 que Maurice Tabuteau, sur monoplan Morane-Saulnier à moteur Gnome de 50 ch, parvint à boucler les quelque 200 km du circuit en 1 h 47 mn 48 s, soit à une vitesse moyenne de près de 106 km/h.
Cette performance apparaissait d'autant plus remarquable pour l'époque qu'elle avait été accomplie dans des conditions atmosphériques peu favorables, la brume ayant gêné l'orientation du pilote sur la quasi-totalité du parcours.
Le titre n'allait cependant pas rester bien longtemps entre les mains de Tabuteau : il lui fut ravi dès le 1er mai par Emmanuel Helen.
Aux commandes de son monoplan Nieuport propulsé par un moteur Gnome de 70 ch, celui-ci porta le record de l'épreuve à 119,352 km/h.
Le 31 octobre, c'est encore Helen qui s'adjugea la première prime de 20 000 francs, aucun autre concurrent n'ayant à cette date amélioré cette performance de plus de 10 %.
La deuxième prime revint à Eugène Gilbert, qui, le 27 octobre 1913, à bord d'un monoplan Déperdussin à moteur Le Rhône de 160 ch, effectua le vol aller et retour du circuit de Paris en 1 h 14 mn, soit à la vitesse moyenne de 154,380 km/h.
La guerre devait interrompre la compétition, qui ne fut reprise que le 13 octobre 1919, pour l'attribution de la dernière prime et la remise définitive de la coupe.
Le règlement de l'épreuve avait été légèrement modifié par rapport à celui d'avant-guerre... désormais la course se courrait en effet pendant toute l'année, sans interruption durant les mois d'hiver.
Et le vainqueur définitif devait être celui qui conserverait son record pendant huit mois consécutifs.
Au cours de l'année 1919, nombreuses furent donc les tentatives.
Les différents concurrents se livrèrent une bataille véritablement acharnée pour l'obtention de la victoire.
C'est finalement Sadi-Lecointe qui remporta la première Coupe Deutsch-de-la-Meurthe, le 3 septembre 1920, aux commandes de son biplan Nieuport propulsé par un moteur Hispano-Suiza de 300 ch.
Il avait, le 3 janvier précédent, effectué le parcours en 42 mn 53 s 4/5, soit à la vitesse moyenne de 266,400 km/h.
Près de quinze ans après sa mise en jeu, l'attribution de cette première Coupe Deutsch fut l'occasion de constater les progrès accomplis au cours de cette période par l'industrie aéronautique française.
Les performances, tout à fait exceptionnelles, accomplies par Helen et Gilbert en 1912 et 1913 ne représentaient plus désormais que les vitesses normales des appareils de tourisme ou de transport du début des années vingt !
Photo
Henry Deutsch de la Meurthe - Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France