Park Min-Jun

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Park Min-Jun partage de la vie d'une française à Pohang en Corée

Être autiste en Corée Bonjour tout le monde ! Aujourd’hui je vais faire un post assez particulier parce que j’ai envie d...
27/08/2026

Être autiste en Corée

Bonjour tout le monde ! Aujourd’hui je vais faire un post assez particulier parce que j’ai envie de parler un peu de ma vie en tant qu’autiste en Corée du Sud.

Et je précise tout de suite : je suis autiste avec un excellent masking. Quand je suis dehors, j’ai vraiment un très bon masking. Il a évidemment des failles, comme tout le monde, mais globalement je sais très bien cacher ce qui se passe.

Et je pense que c’est important de comprendre que masking ne veut absolument pas dire qu’on ne ressent rien.

Imaginez quelqu’un qui vous poignarde et vous restez complètement stoïque. Vous ne pleurez pas, ne criez pas, ne bougez pas, rien. Est-ce que ça veut dire que vous n’avez pas mal ? Non. Ça veut juste dire que vous savez très bien cacher votre douleur.

Le masking c’est un peu pareil.

Je peux avoir énormément envie de me balancer, d’avoir besoin de bouger, d’avoir besoin de m’isoler, d’être complètement saturée par les bruits autour de moi… et pourtant dehors je vais rester assise, calme, je vais parler normalement, sourire, répondre aux gens, faire ce qu’on attend de moi.

À la maison par contre, je me balance énormément. C’est quelque chose qui m’aide à me réguler.

Et le problème, c’est que tout ça demande énormément d’énergie.

Je pense que c’est un peu comme si vous passiez votre journée à retenir une douleur. À un moment donné, forcément, vous êtes épuisé.

Mes expressions faciales sont probablement l’un des rares trucs sur lesquels j’ai beaucoup plus de mal à faire du masking. Quand quelque chose me dégoûte, ça se voit. Vraiment. 😂

J’ai beau essayer de contrôler mon visage, parfois mon cerveau est juste en mode « NON » et mon visage suit.

Et faire du masking sur mes expressions faciales me demande tellement d’énergie que je ne tiens généralement pas plus d’une heure avant d’être complètement fatiguée.

Pour expliquer un peu mon parcours, j’ai été diagnostiquée en France par une psychologue lorsque j’étais accompagnée par la Mission Locale parce que je rencontrais différentes difficultés dans ma vie.

Le diagnostic a été établi à partir de beaucoup de choses : mon enfance, mes comportements, mes hyperfocus, ma manière de fonctionner, ce que je ressentais, etc.

Normalement, pour un diagnostic de TSA, c’est très utile d’avoir quelqu’un qui nous connaît depuis l’enfance et qui peut parler de notre comportement quand on était petit, notamment entre 0 et 5 ans.

Dans mon cas, ce n’était pas vraiment possible.

Et je veux vraiment faire une petite parenthèse là-dessus parce que c’est important pour moi : je ne veux absolument pas que ma mère lise ce post et se dise que c’est sa faute.

Ce n’est la faute de personne.

Je suis née dans les années 2000. À cette époque, l’autisme était beaucoup moins connu qu’aujourd’hui, surtout chez les filles et les personnes qui masquent énormément. Il y avait aussi énormément de stigmatisation autour des maladies mentales, de la dépression, des troubles psychologiques, etc.

Donc non, ce n’est pas la faute de ma mère si j’ai été diagnostiquée t**d.

Ce n’est pas la faute de quelqu’un si certaines choses de mon enfance ont été difficiles à comprendre.

On avait simplement beaucoup moins de ressources et de connaissances qu’aujourd’hui.

Bref.

Maintenant, être autiste en Corée du Sud, ça fait quoi ?

Eh bien… c’est fatigant. 😂

La Corée est un pays extrêmement stimulant sensoriellement.

Vous pouvez avoir un convenience store qui met de la musique. Deux cents mètres plus loin, vous avez un café qui met sa propre musique. Puis un restaurant qui met encore une autre musique. Puis une boutique.

Et vous vous retrouvez avec plusieurs musiques différentes qui se mélangent dans la rue.

Et ça, c’est sans compter les voitures, les scooters, les gens qui parlent, les bruits des restaurants, les couverts, les annonces, les odeurs de nourriture, les lumières, les panneaux LED…

Les panneaux lumineux, justement, parlons-en.

Vous avez des panneaux partout qui clignotent pour vous dire que le karaoké est ouvert, que le coiffeur est ouvert, qu’un restaurant vient d’ouvrir, qu’il y a une promotion, etc.

Personnellement, j’ai énormément de mal avec ça.

Et les odeurs aussi. Vous pouvez passer devant trois restaurants différents et avoir trois odeurs complètement différentes en quelques secondes.

Ajoutez à ça les voitures, les gens, les parkings parfois inexistants où vous devez marcher quasiment au milieu de la route pour aller quelque part… bref, mon cerveau prend cher. 😂

Et c’est pour ça que j’ai récemment investi dans un casque à réduction de bruit de chez Sony.

Et honnêtement ?

Je revis.

Je peux mettre de la musique et couper une énorme partie du monde extérieur. Même pour étudier, ça change complètement ma vie.

Et je sais que pour certaines personnes ça peut paraître exagéré de dire « j’ai besoin d’un casque pour supporter la rue », mais quand vous avez une hypersensibilité sensorielle, ce n’est pas juste « du bruit ».

C’est une quantité énorme d’informations que votre cerveau doit traiter en permanence.

Et quand vous êtes déjà fatigué, ça devient très vite insupportable.

Et c’est là qu’on arrive à la partie santé mentale.

Parce qu’il y a aussi une différence que j’ai pu remarquer entre la France et la Corée concernant la psychiatrie.

Je précise évidemment que je parle de mon expérience et de ce que j’ai pu observer, et que tous les hôpitaux ne fonctionnent pas exactement de la même manière.

En France, lorsque j’ai été hospitalisée pour des raisons qui n’étaient pas directement liées à mon autisme, j’avais un suivi assez régulier avec un psychiatre. Les consultations étaient relativement longues et il y avait aussi des activités.

Je me rappelle notamment qu’on regardait parfois des DVD Ghibli. 😂

Mais attention, ça ne veut absolument pas dire que mon expérience en psychiatrie française était parfaite.

Loin de là.

J’ai aussi vécu des choses qui m’ont profondément traumatisée.

J’étais dans une unité avec des adolescentes et il y avait énormément d’automutilation entre patientes. Il y avait même des sortes de compétitions autour de ça, et il m’est arrivé de voir du sang assez régulièrement.

Ce sont des choses que je n’aurais probablement jamais dû avoir à voir en tant que patiente dans un hôpital psychiatrique.

Les chambres étaient également communes, avec trois ou quatre personnes.

Et il y avait aussi des moments où j’avais l’impression qu’on ne me croyait pas.

Par exemple, quand je disais que je ne dormais pas, on pouvait me dire que ce n’était pas vrai parce que les soignants étaient venus dans la chambre et m’avaient vue les yeux fermés.

Sauf que… avoir les yeux fermés ne veut pas dire dormir. 😭

Je me souviens très bien être allongée dans mon lit, les yeux fermés, à regarder l’heure toutes les cinq minutes.

Et parfois j’entendais la porte s’ouvrir et je n’osais même pas dire que je n’arrivais pas à dormir.

Je finissais par le dire seulement le lendemain matin.

Donc oui, il y avait aussi énormément de problèmes dans cet hôpital.

Et avec mon bac ASSP, j’ai aussi pu voir certaines choses dans le milieu hospitalier qui posent problème.

Le manque de personnel, les budgets, les conditions de travail… tout ça joue énormément.

En Corée, de ce que j’ai pu voir et de ce que j’ai pu entendre de personnes ayant été suivies ici, la psychiatrie peut avoir une approche beaucoup plus centrée sur les médicaments, avec des consultations parfois très courtes.

On peut parfois avoir une consultation d’une quinzaine de minutes, parler de ce qu’on ressent, avoir un ajustement du traitement et repartir.

Encore une fois, je ne dis absolument pas que TOUS les psychiatres ou TOUS les hôpitaux coréens fonctionnent comme ça.

Mais c’est une différence que j’ai personnellement ressentie.

Et c’est notamment pour ça que je n’ai jamais été hospitalisée en psychiatrie en Corée.

Même si, il y a environ deux semaines, j’ai fait un énorme meltdown autistique et que j’étais dans un état où j’aurais probablement eu besoin d’aide.

Mais l’idée d’aller dans un hôpital psychiatrique ici me faisait peur, notamment parce que je ne savais pas à quoi m’attendre et que j’avais peur de ne pas être comprise.

Et c’est aussi pour ça que je voulais parler de tout ça.

Parce qu’on parle de plus en plus de l’autisme, mais on parle encore assez peu de ce que ça peut être de vivre avec un TSA à l’âge adulte, dans un autre pays, avec énormément de masking.

Une personne peut avoir l’air parfaitement normale dehors et être complètement épuisée une fois rentrée chez elle.

Une personne peut sourire toute la journée alors qu’elle a passé huit heures à gérer des stimuli qui lui faisaient mal.

Une personne peut ne faire aucun mouvement répétitif dehors et passer sa soirée à se balancer chez elle pour réussir à redescendre.

Et surtout, quelqu’un qui masque très bien peut être beaucoup plus en difficulté qu’il n’en a l’air.

Le masking ne fait pas disparaître l’autisme.

Il le rend juste moins visible.

Voilà, c’était mon petit témoignage du jour. ❤️

Et si vous êtes vous-même autiste, ou si vous vivez à l’étranger avec un TSA, je serais vraiment curieuse de connaître votre expérience.

Est-ce que vous ressentez aussi cette surcharge sensorielle dans certaines villes ou certains pays ? Est-ce que vous avez aussi l’impression que les gens pensent que « tout va bien » simplement parce que vous avez appris à très bien le cacher ?

(Je me suis aidée d’une IA pour corriger mes fautes d'orthographes)

🇰🇷 La Corée du Sud est-elle en train de vivre un "baby-boom" en 2026 ?Le mot est sans doute un peu fort. Si on compare à...
04/08/2026

🇰🇷 La Corée du Sud est-elle en train de vivre un "baby-boom" en 2026 ?

Le mot est sans doute un peu fort. Si on compare à l'Europe d'après-guerre, non, ce n'est évidemment pas un baby-boom.

En revanche, pour la deuxième année consécutive, les naissances repartent à la hausse. Dans un pays qui détient depuis plusieurs années l'un des taux de natalité les plus faibles au monde, c'est un changement qui mérite qu'on s'y intéresse.

Mais pourquoi ?

On entend souvent que les Coréens ne veulent plus d'enfants. La réalité est, comme souvent, bien plus complexe.

Oui, il existe une pression sociale autour du mariage et de la parentalité. Je ne vais pas prétendre le contraire. Beaucoup de femmes témoignent également du fait qu'une fois devenues mamans, elles ont parfois le sentiment de perdre une partie de leur identité, étant davantage présentées comme "la maman de..." que par leur prénom. C'est une réalité qui peut être difficile à vivre.

Ma belle-mère m'a d'ailleurs raconté que ce sentiment avait accentué sa dépression post-partum. C'est son histoire, pas une généralité, mais elle montre que devenir parent ne se résume pas à accueillir un enfant.

Au début, je pensais que cette pression était propre à la Corée du Sud.

Puis j'ai grandi.

Aujourd'hui, je vois aussi mes proches en France qui souhaitent devenir parents. Les mêmes questions reviennent : "Aurons-nous assez d'argent ?", "Comment concilier notre travail avec un bébé ?", "Est-ce que nous serons de bons parents ?", "Devons-nous attendre encore un peu ?"

Les inquiétudes existent des deux côtés.

Elles ne sont simplement pas toujours les mêmes.

Je ne cherche pas à dire que c'est pire en France ou pire en Corée. Ce sont deux pays différents, avec leurs qualités, leurs défauts et leurs propres défis. Avant d'être des paradis ou des enfers, ce sont simplement... des pays.

En Corée, il existe aussi des inquiétudes dont on parle peu à l'étranger.

En discutant avec plusieurs amis coréens de mon âge, certains m'ont expliqué que les tensions avec la Corée du Nord faisaient partie de leurs réflexions avant d'avoir un enfant.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, beaucoup de Coréens vivent leur quotidien sans penser constamment à la Corée du Nord. Mais lorsqu'il est question d'un enfant, la réflexion change parfois.

"Et si quelque chose arrivait ?"

Depuis les conflits qui touchent aujourd'hui plusieurs régions du monde, cette question paraît plus concrète qu'avant pour certains futurs parents.

Je me suis d'ailleurs surprise à y réfléchir moi aussi. J'ai déjà un plan dans ma tête pour savoir quoi faire si, un jour, une crise majeure éclatait alors que j'ai des enfants. Ce n'est pas une peur quotidienne, mais c'est une réflexion qui existe.

Face à tous ces freins, le gouvernement sud-coréen investit énormément pour soutenir les familles.

En tant qu'étrangère mariée à un Coréen, je pourrai moi aussi bénéficier de nombreuses aides.

Parmi celles qui m'ont le plus marquée :

• Dès le début de la grossesse, une carte est créditée pour financer les dépenses liées à la maternité. Elle peut servir à payer les consultations, les examens, une partie de l'accouchement, mais aussi des achats pour le bébé, les couches ou encore certains frais de garde.

• À la naissance, une prime est également versée aux parents.

• Pendant les premières années de vie de l'enfant, des allocations mensuelles sont versées afin d'aider les familles.

• Dans ma ville, une aide à domicile est offerte pendant plusieurs semaines après l'accouchement. Une personne peut venir à la maison pour s'occuper du bébé pendant que les parents dorment, prennent une do**he, récupèrent physiquement ou soufflent un peu. Elle peut aussi aider à préparer les biberons ou accompagner les jeunes parents selon leurs besoins. Honnêtement, c'est probablement l'une des aides que je trouve les plus formidables.

• Dans ma commune, tous les vaccins du nourrisson sont pris en charge.

• Les femmes enceintes peuvent également bénéficier d'un service de livraison de livres de la bibliothèque directement à leur domicile, ainsi que d'autres dispositifs comme un accompagnement nutritionnel.

Mais ce qui m'a le plus surprise, c'est que les aides ne s'arrêtent pas une fois enceinte.

Il y a également un point dont on parle très peu : l'accès à la PMA.

En France, beaucoup de couples racontent avoir attendu de longs mois, voire davantage, entre les premiers rendez-vous, les examens et le début du traitement.

En Corée du Sud, les délais sont souvent beaucoup plus courts. Selon la situation médicale et le protocole retenu, certains couples peuvent même commencer leur parcours de PMA dès le mois suivant le diagnostic d'un problème de fertilité. Bien sûr, cela dépend des cas et de l'avis de l'équipe médicale.

L'Assurance maladie coréenne prend déjà en charge 80 % des frais liés à la PMA.

Dans ma commune, des aides complémentaires existent également : jusqu'à 1,5 million de wons par tentative de FIV et jusqu'à 450 000 à 500 000 wons pour une insémination artificielle.

Quand on sait à quel point un parcours PMA peut être éprouvant, autant physiquement que psychologiquement, je trouve important que l'aspect financier soit autant pris en compte. Cela ne règle évidemment pas la souffrance liée à l'infertilité, mais cela enlève au moins une partie du poids économique qui peut s'ajouter au reste.

Malgré toutes ces aides, les défis restent nombreux : le coût de la vie, l'équilibre entre carrière et famille, la santé mentale des parents, le logement, la pression sociale...

La Corée du Sud évolue aussi beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine.

On continue souvent de la juger à travers des reportages vieux de dix ans.

Pourtant, les choses changent.

On voit davantage de pères prendre un congé parental ou devenir pères au foyer. Les mentalités évoluent, surtout chez les jeunes générations. Ce n'est pas parfait, loin de là, mais ce n'est plus exactement la Corée que beaucoup imaginent.

Je ne cherche pas à dire que la Corée est meilleure que la France.

Je ne cherche pas non plus à dire que la France est meilleure que la Corée.

Les deux pays ont leurs forces et leurs faiblesses.

En revanche, je trouve intéressant de voir comment la Corée du Sud tente de répondre à sa crise démographique en investissant massivement dans l'accompagnement des futurs parents.

C'est aussi pour cela que j'aime partager mon quotidien ici : montrer une Corée avec ses qualités, ses contradictions, ses réussites, mais aussi ses difficultés, loin des clichés, qu'ils soient positifs ou négatifs.

Et vous, qu'est-ce qui vous freinerait le plus aujourd'hui si vous deviez avoir un enfant ?

La Corée du Sud : un pays grossophobe ?C'est une question qui revient très souvent. On entend souvent dire que la Corée ...
01/08/2026

La Corée du Sud : un pays grossophobe ?

C'est une question qui revient très souvent. On entend souvent dire que la Corée du Sud est obsédée par la minceur et qu'il est impossible d'y vivre sereinement lorsqu'on est gros ou grosse.

Aujourd'hui, j'avais envie de partager mon expérience.

Pour commencer, je ne parle pas d'un simple "petit surpoids". Je suis obèse. Je porte du 3 à 4XL et mon obésité est visible, que ce soit pour le haut ou le bas du corps.

Ma belle-sœur est également en situation de surpoids. Elle est coréenne, tandis que je suis française. Je ne parlerai pas à sa place, mais certaines observations viennent aussi du fait que je la côtoie depuis plusieurs années.

Alors, la Corée du Sud est-elle grossophobe ?

Personnellement... je ne le pense pas.

Attention : je ne dis pas que la grossophobie n'existe pas en Corée. Elle existe, comme partout dans le monde. En revanche, je trouve que l'image que l'on donne souvent de la Corée est parfois exagérée.

Oui, la société coréenne valorise beaucoup la minceur. Mais honnêtement, je ne trouve pas qu'elle le fasse davantage que la France. Les deux pays accordent énormément d'importance à l'apparence physique.

La seule vraie différence que j'ai remarquée, c'est qu'en Corée la chirurgie esthétique et les traitements médicaux pour perdre du poids sont beaucoup moins tabous qu'en France.

En dehors de ça, je n'ai pas constaté de différence majeure.

Je sais que beaucoup ne seront pas d'accord avec moi, mais je parle uniquement de ce que j'ai vécu.

En France, j'ai été harcelée pendant toute ma scolarité à cause de mon poids. De la maternelle jusqu'au lycée. Et encore aujourd'hui, lorsque je sors dans la rue en France, il est extrêmement rare que je ne reçoive aucun regard ou aucune remarque. Ce n'est malheureusement pas une façon de parler.

En Corée du Sud, c'est tout l'inverse.

En quatre ans de vie ici, je n'ai jamais reçu une seule remarque sur mon poids de la part d'un inconnu.

Jamais.

Personne ne m'a insultée dans la rue. Personne ne m'a dévisagée de haut en bas. Je n'ai jamais ressenti ces regards insistants qui vous font comprendre que l'on vous juge.

Encore une fois, cela ne signifie pas que ça n'arrive jamais. Cela signifie simplement que moi, je ne l'ai jamais vécu.

Je vis à Pohang, une ville plus calme que Séoul, donc mon expérience est peut-être différente de celle d'autres personnes.

Même dans le domaine médical, je n'ai jamais rencontré de problème.

Que ce soit chez le gynécologue, chez un médecin généraliste, à l'hôpital ou lors d'examens médicaux, on me pèse lorsque c'est nécessaire... puis c'est tout.

Je n'ai jamais eu droit au traditionnel : « Il faudrait perdre du poids, madame. »

Jamais.

Concernant les vêtements, je dirais que c'est assez comparable à la France.

Je sais que certaines personnes ont du mal à trouver leur taille en Corée, mais personnellement, je trouve assez facilement des vêtements, même en portant du 3 à 4XL.

Le seul vrai défi pour moi, ce sont les soutiens-gorge, puisque je fais un bonnet F. C'est clairement ce qui est le plus compliqué à trouver.

À part ça, je m'habille comme j'en ai envie et je n'ai jamais eu l'impression d'être privée de style à cause de ma taille.

J'ai également fréquenté des piscines et des jjimjilbang (saunas coréens), où les espaces de do**he sont entièrement communs.

Je me suis donc retrouvée nue avec une vingtaine d'autres femmes.

Et là encore...

Rien.

Aucun regard déplacé. Aucune moquerie. Aucun commentaire.

Au contraire.

Un jour, après la do**he, je galérais à remettre mon maillot de bain sur ma peau encore mouillée. Trois femmes sont immédiatement venues m'aider, avec beaucoup de gentillesse, sans rien attendre en retour et sans jamais faire la moindre remarque sur mon corps.

C'est ce genre de souvenirs qui me reste.

J'entends aussi très souvent dire qu'il est quasiment impossible pour une personne obèse, et en particulier une femme, de trouver du travail en Corée du Sud.

Là encore, ce n'est pas ce que j'ai vécu.

Depuis mon arrivée en Corée, j'ai travaillé dans plusieurs secteurs : dans la restauration, comme barista dans un café, comme professeure d'anglais dans trois établissements différents, mais aussi en animant des activités en anglais pour une autre entreprise.

Lors de mes entretiens d'embauche, mon poids ou mon apparence n'ont jamais été un sujet de discussion.

Est-ce que cela signifie que la discrimination à l'embauche n'existe pas ? Non. Comme partout, certaines personnes peuvent malheureusement en être victimes. Je parle simplement de mon expérience.

En France, il m'est déjà arrivé d'être mise en cuisine plutôt qu'en salle à cause de mon physique. En Corée du Sud, je n'ai jamais vécu une situation comparable.

Mon poids n'a jamais semblé être un obstacle à mon parcours professionnel.

D'ailleurs, heureusement. Beaucoup de Coréens sont eux aussi en surpoids ou en situation d'obésité. Mon mari, par exemple, est lui aussi en situation de surpoid sévère. Il travaille, il s'habille sans difficulté et son poids n'a jamais empêché son insertion professionnelle.

Encore une fois, je ne dis pas que les discriminations n'existent pas. Je dis simplement que, dans ma vie quotidienne, je ne les ai jamais vécues de cette manière.

Alors non, je ne dirais pas que la Corée du Sud est un pays grossophobe.

Je dirais plutôt que la grossophobie n'a pas de nationalité.

Elle existe partout.

Mais en tant que femme obèse vivant en Corée du Sud depuis quatre ans, mon expérience personnelle a été, contre toute attente, bien plus bienveillante ici qu'en France.

Et je trouvais important de partager aussi cette réalité, parce qu'on entend beaucoup parler des mauvaises expériences, mais plus rarement de celles qui sont positives.

Et vous, si vous êtes en surpoids ou en situation d'obésité et que vous avez vécu ou voyagé en Corée du Sud, comment avez-vous vécu votre expérience ?

16/07/2026

POV : tu as choisi de ne pas vivre à Séoul. 🌊

Quand j'ai décidé de m'installer en Corée du Sud, je pensais que Séoul était la seule évidence. C'est la ville dont tout le monde parle, celle qu'on voit partout sur les réseaux sociaux, la ville qui fait rêver.

Et pourtant… je pense aujourd'hui que vivre à Séoul aurait été une erreur pour moi.

Je viens d'Auvergne, en France. J'ai grandi à la campagne, dans de petits villages. Je pensais ne jamais vouloir retrouver ce mode de vie. Mais en arrivant à Pohang, j'ai ressenti quelque chose de familier. Un rythme plus calme, l'air marin, les montagnes, les petites rues… Et plus particulièrement Guryeongpo, qui est devenu l'un de mes endroits préférés.

Ce n'est peut-être pas LE passage obligé d'un voyage en Corée. Mais si vous avez envie de souffler, de faire une pause loin du ppalli-ppalli (빨리빨리), cette culture du « toujours plus vite », alors je pense que vous devriez lui laisser sa chance.

On peut marcher pendant des heures entre la mer et la campagne, écouter le bruit des vagues, admirer des paysages magnifiques et simplement prendre le temps de vivre.

Et si vous prévoyez un itinéraire sur la côte est ou un passage par Busan, Pohang est une étape très facile d'accès en train ou en bus.

Parfois, les plus beaux souvenirs ne se trouvent pas dans les endroits les plus célèbres. 💙

📍 Pohang – Guryeongpo (구룡포)

#포항

L’été est là ☘️ il fait chaud, et naturellement, je perd mon appétit (a part pour la pastèque, je pourrais m’en nourrir ...
15/07/2026

L’été est là ☘️ il fait chaud, et naturellement, je perd mon appétit (a part pour la pastèque, je pourrais m’en nourrir du matin au soir 🤣)

Avec monsieur, le soir, on essais de se promener au bord de mer 🌊

Est-ce que les coréens en veulent encore au Japon? Et pourquoi ?Je vois souvent des personnes comparer les relations ent...
30/06/2026

Est-ce que les coréens en veulent encore au Japon? Et pourquoi ?
Je vois souvent des personnes comparer les relations entre la France et l'Allemagne avec celles entre la Corée et le Japon. Pourtant, ces deux situations sont très différentes.

🇫🇷🇩🇪 La France et l'Allemagne

Après la Seconde Guerre mondiale, les deux pays ont progressivement reconstruit leurs relations. L'Allemagne a reconnu les crimes du régime n**i, a versé des réparations dans certains cas et a entrepris un important travail de mémoire. La réconciliation s'est construite au fil des décennies.

🇰🇷🇯🇵 La Corée et le Japon

La Corée a été colonisée par le Japon de 1910 à 1945.

Durant cette période, les autorités coloniales japonaises ont tenté d'effacer une partie de l'identité coréenne : la langue coréenne a été restreinte, des Coréens ont été forcés de prendre des noms japonais et de nombreux éléments de la culture coréenne ont été supprimés ou assimilés.

La capitulation du Japon en 1945 est intervenue après plusieurs événements, notamment les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, ainsi que l'entrée en guerre de l'Union soviétique contre le Japon. Sans cette capitulation, la domination japonaise sur la Corée aurait probablement continué plus longtemps.

Le Japon n'a pas seulement occupé la Corée, mais une grande partie de l'Asie de l'Est et du Sud-Est. Durant cette période, des massacres, des famines, des travaux forcés et de nombreuses atrocités ont été commis.

Parmi ces crimes figurent les expérimentations humaines de l'Unité 731, où des prisonniers ont servi de cobayes pour des expériences médicales particulièrement cruelles, notamment des tests d'armes biologiques et d'autres expérimentations inhumaines.

Des dizaines, voire des centaines de milliers de femmes et de jeunes filles, principalement coréennes mais aussi originaires d'autres pays d'Asie, ont également été réduites en esclavage se**el par l'armée impériale japonaise. Elles sont aujourd'hui connues sous le nom de « femmes de réconfort », une expression qui masque en réalité un système de viols organisés.

● Après 1945, la paix n'est pourtant pas revenue.

La Corée a été divisée : le Sud sous administration américaine, le Nord sous administration soviétique.

Quelques années plus t**d, la guerre de Corée (1950-1953) a éclaté. Cette guerre n'est pas une conséquence directe des crimes commis par le Japon, mais de la division de la péninsule dans le contexte de la Guerre froide. Elle a néanmoins aggravé une situation déjà dramatique.

Après cette guerre, la Corée du Sud était l'un des pays les plus pauvres du monde. Sa reconstruction a demandé des décennies d'efforts.

● Pourquoi le sujet reste-t-il aussi sensible ?

Aujourd'hui encore, certaines victimes de l'occupation japonaise sont toujours en vie.

Beaucoup de Coréens estiment que le Japon n'a jamais pleinement reconnu l'ensemble de ses responsabilités. Contrairement à l'Allemagne vis-à-vis des crimes n**is, plusieurs responsables politiques japonais ont parfois minimisé certains crimes ou remis en cause certains faits historiques.

Plus récemment encore, des monuments dédiés aux victimes ont suscité des pressions diplomatiques de la part du Japon dans différents pays, notamment en Nouvelle-Zélande Où l’embassadecoréenneàsouhaitéefaire construireune statueen hommage aux enfants victimes d'esclavage se**els. Pour beaucoup de Coréens, cela renforce le sentiment que certains crimes de la période coloniale ne sont toujours pas pleinement reconnus.

● Le différend autour de Dokdo

Il existe également un différend territorial autour des îlots de Dokdo (appelés Takeshima par le Japon). Ces îlots sont administrés par la Corée du Sud, mais continuent d'être revendiqués officiellement par le Japon. Ce désaccord reste aujourd'hui une source de tensions entre les deux pays. J’ai déjà lue par le passé, des personnes disant "la Corée s’en fou de ces îles et peu très bien les laisser au japon, il n’y a plus rien là-bas".

Des français, n'étant jamais allé en Corée, affirmant de tels atrocités...

Mon beau papa est d’origine de l’ile a côté de Dokdo: Ulleung-do. Les habitants d’ulleung sont très attachés à Dokdo, et des personnes vivent encore à Dokdo. J’ai pas mal de famille là bas. Ça me fait serrer les dents quand je lie des choses comme ça. Bref.

C'est pourquoi beaucoup de Coréens considèrent que comparer les relations franco-allemandes aux relations nippo-coréennes est une erreur.

Les blessures historiques sont encore très présentes, certains différends territoriaux persistent et les débats autour de la reconnaissance des crimes de guerre continuent d'alimenter les tensions entre les deux pays.

L'objectif de cette publication n'est pas d'alimenter la haine envers les Japonais d'aujourd'hui, qui ne sont pas responsables des actes de leurs ancêtres, mais d'expliquer pourquoi ce sujet demeure extrêmement sensible en Corée et pourquoi il ne peut pas être comparé aussi simplement à la situation européenne.

On est allé voir le film "Backrooms" en Corée ! J’ai trouvée les places de cinéma extrêmement chers (16€ les 2 places), ...
05/06/2026

On est allé voir le film "Backrooms" en Corée ! J’ai trouvée les places de cinéma extrêmement chers (16€ les 2 places), donc j’avoue avoir été surprise 🥲
On a aussi commandé 1 chocolat glacé (pour moi), 2 grand soda (pour mon mari), 1 enorme gobelets de pop corn, et du poulet frit. (Petit festin eheh), et ça nous a également coûté 16€ 🤣

Cependant, on a passé un excellent moment en amoureux, le film était en anglais sous titré coréen 🥰

Et pour moi, tout a commencé presque par hasard.À l’époque, je cherchais juste quelqu’un avec qui échanger des cartes po...
24/01/2026

Et pour moi, tout a commencé presque par hasard.

À l’époque, je cherchais juste quelqu’un avec qui échanger des cartes postales. J’ai toujours aimé écrire des lettres, les vraies, celles qu’on prend le temps de penser et de poster. J’étudiais le coréen, un peu bercée par la K-pop que je venais de découvrir, meme si mon engouementpour cette découverte n’aura durée que quelques mois.
J’avais envie d’apprendre la langue pour comprendre les chansons. Alors je cherchais une correspondante ou un correspondant coréen, uniquement pour ça.

Sur HelloTalk, j’ai envoyé des dizaines de messages. Trente, quarante peut-être. Personne ne m’a jamais répondu. J’ai fini par désinstaller l’application, un peu déçue. Puis une amie m’a conseillé de réessayer une dernière fois. Elle, elle avait réussi à trouver un correspondant japonais. Alors je me suis dit : une dernière tentative.

J’ai réinstallé l’application sans vraiment y croire. J’ai envoyé une dizaine de message, pas plus. Mon mari était la toute dernière personne à qui j’ai écrit. Et au moment même où j’allais désinstaller l’application pour de bon, j’ai reçu une notification. Il m’a répondu. Il m’a dit qu’il n’avait pas le temps d’écrire des lettres, mais qu’on pouvait s’échanger des messages si je voulais.

J’ai hésité. J’ai même failli refuser, parce que je tenais vraiment aux lettres. Mais c’était la première personne qui me répondait, alors je me suis dit que ce n’était pas grave, qu’on verrait bien.
On s’est attachés très vite.
Et vingt-et-un jours plus t**d, on s’est mis ensemble.

Il y a des moments dans une vie où tout semble silencieusement s’aligner.
Lorsque l’on était face à face, main dans la main, sans grands discours, juste la certitude que c’était nous, et que ça l’avait toujours été. La promesse de s’aimer encore plus loins que la fin.

Mon mari a tenu à offrir un hanbok à celle qui est devenue ma mère de cœur. Un geste pouvant sembler annodin, mais pourtant chargé de respect et d’amour, parce qu’elle fait partie de celles qui m’ont construite, protégée, aimée, même quand ce n’était pas son rôle officiel.

Pendant le mariage, une famille de chats nous a rejoints. Ils vivaient déjà dans le logement que nous avions loué. Comme s’ils avaient décidé eux aussi d’assister à ce moment, de le bénir à leur manière. (j’avoue, on était complètement gaga de ces chats).

Rien n’était parfaitement planifié, et pourtant tout était exactement à sa place.
Le lendemain, le premier lever de soleil était d’une beauté irréelle. J’ai regardé le ciel changer de couleur en me disant que je n’aurais jamais assez de mots pour exprimer ce que je ressentais. Juste une immense gratitude d’être là, vivante, entourée, aimée.

Puis est venue la surprise pour ma maman de coeur.
Le bateaux en direction du Japon.
Elle n’y croyait pas.. Pour elle, ce n’était pas réel. Plus de quarante ans à rêver de ce pays, et soudain, il était là, devant elle. Elle est restée bouche bée, puis elle a pleuré. Et ça m’a bouleversée, parce qu’elle ne pleure jamais. Ce voyage, c’était sa première fois en Asie. Corée, puis Japon. Deux semaines seulement, mais un monde entier et une toute nouvelle culture découverte.

J’espère de tout cœur avoir pu lui offrir ne serait-ce qu’une fraction de ce qu’elle m’a donné. Parce qu’elle a toujours été là pour moi. Parce qu’elle m’emmenait en vacances quand personne ne le faisait. Parce qu’elle trouvait toujours un moyen de m’inclure, de me faire sentir désirée, attendue, importante. « J’ai pris un logement plus grand sans faire exprès », disait-elle, juste pour que je puisse venir avec eux.
Elle est une personne profondément bonne. Une mère exceptionnelle. La plus belle mère de cœur que j’aurais pu espérer. Et aujourd’hui encore, je suis infiniment fière de ce qu’elle est, de ce qu’elle est devenue, et de l’amour qu’elle m’a transmis.

milles merci a ma belle famille d’avoir accueillie ma famille comme étant la leur. Je leur en serais toujours reconnaissante ♡

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