04/09/2026
Salut ! Voici une mise à jour de notre parcours du 26 mars à maintenant (9 avril). Courage à tout ceux qui passerons à travers ce long récit remplis d'action ! 😁
En bateau, on n'est jamais au bout de nos surprises... tant en positif qu'en négatif ! 😂
Nous sommes arrivés dans les Abacos le 26 mars. Nous avons passé quelques jours à Tilloo Cay par beau temps pour relaxer, nager et faire du paddle board. Cependant, comme chaque semaine depuis un moment, des vents forts étaient annoncés. Nous étions très bien protégés là où nous nous trouvions, ce qui était parfait, mais cela nous "cloue" un peu sur place dans ces moments-là.
La Whale Cut:
Une fois la météo calmée, nous avons décidé d'emprunter la Whale Cut. C'est un passage maritime connu dans les Abacos, car il est parfois redouté. C’est un point de passage quasi obligé pour les voiliers circulant entre le nord (Spanish Cay, Green Turtle Cay) et le sud (Marsh Harbour, Hope Town) de l'archipel, car un banc de sable peu profond bloque la route directe entre ces deux sections.
Avec un faible tirant d'eau et à marée haute, il est parfois possible de passer par l'intérieur, mais la profondeur est très incertaine puisque les bancs de sable se déplacent avec le mauvais temps. Dans notre cas, nous partions de Man-O-War Cay, plus au sud, pour aller à Green Turtle Cay. Nous avons donc choisi de contourner Whale Cay en passant par le côté Atlantique.
L'enjeu de ce passage survient lorsque de fortes houles de l'Atlantique rencontrent des marées descendantes ou des vents contraires : il se produit alors un phénomène appelé "Whale Cay Rage". Ces "Rages" sont des vagues massives et déferlantes qui se forment dans le passage, rendant l'entrée impraticable, même pour de gros navires. Les navigateurs doivent souvent attendre plusieurs jours que la mer se calme avant de tenter la traversée.
Nous avons attendu quelques jours que la houle diminue, même si les vents restaient présents. C'était soit on passait à ce moment-là, soit on attendait encore une bonne semaine à cause d'un nouveau front. Nous avions sélectionné la "moins pire" des journées : vent dans le sens de la houle et marée montante (courant dans le sens de la houle), ce qui aide à aplanir les vagues.
On se lance. Même si nous étions à la voile depuis le matin, nous avons démarré le moteur pour nous aider à franchir les vagues. Graduellement, on voyait les vagues grossir. C'est à la moitié du chemin, à l'est de Whale Cay, que nous avons rencontré les plus grosses. C'était impressionnant. Heureusement, elles ne déferlaient pas, mais leur hauteur (du creux au sommet) était assez intimidante. En restant bien concentrés pour les prendre sous le bon angle, tout s'est bien passé. En sortant de la passe, nous avons croisé un catamaran qui arrivait en sens inverse. Contrairement à nous, il était face aux vagues et au vent, ce qui le faisait littéralement "jumper" dans les vagues. Très impressionnant à voir !
Nous avons finalement coupé le moteur pour terminer notre navigation vers Green Turtle Cay uniquement à la voile.
Green Turtle Cay:
Encore une fois, un front froid avec des vents forts s'annonce (30 nœuds avec des rafales à 40 nœuds). On nous a recommandé de nous ancrer dans White Sound, une sorte de lagon de vase, petit et peu profond, mais protégé à 360°, situé à l'intérieur de Green Turtle Cay. Pour y accéder, il faut attendre la marée haute pour franchir l'entrée. Une fois à l'intérieur, on est très bien... même si l'eau n'est pas très belle ici ! 🤣
On profite des belles journées avant le front. C’est là qu'on a rencontré Nancy et Sylvain du voilier Fleurette ! On ne se connaissait pas, mais ils suivaient nos aventures sur YouTube depuis le début. Nous avons passé l'après-midi ensemble et ils nous ont même invités au restaurant. On les remercie énormément pour ce bon moment ; avec ces vents incessants, on s'ennuie pas mal de notre famille et le moral était un peu bas. Ça nous a fait un bien immense et nous a motivés à poursuivre la route (quand la météo le voudra bien sûr ! 🤣).
D'ailleur, leur voilier Fleurette est actuellement à vendre. Un super Bayfield 36 1988, voilier hauturier et complètement mis à jour; nouveau moteur, installation électrique refait au complet, etc. et avec son super style des années 80 ! (Boiseries, architecture...) Je vous laisse le lien si ça peut en intéresser quelques-uns: https://www.yachtworld.fr/yacht/1988-bayfield-36-cutter-10097637/
Le front froid : L’une des expériences les plus stressantes de notre voyage.
PS : Nous avons filmé quelques moments que nous mettrons dans une prochaine vidéo YouTube !
Le 8 avril :
On s'ancre comme d'habitude. On met le plus de chaîne possible et on ajoute un "snubber" maison avec des amarres pour amortir les coups de vent. Le vent forcit après le dîner et continue d'augmenter en après-midi, accompagné d'une forte pluie.
À 18h30, bam ! Une rafale à plus de 40 nœuds. Le bateau penche drastiquement. On se regarde, on se demande ce qui se passe. Je (Nathan) regarde par la porte et vois que nous sommes carrément de côté par rapport aux autres bateaux. Au même moment, toutes les alarmes d'ancrage sonnent. On chasse (on dérive), et pas qu'un peu ! Avec le vent, le bateau part littéralement dans le vent. Le problème dans un "sound" comme celui-ci, c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'espace pour dériver.
Instinctivement, je démarre le moteur et je mets les gaz. Je réussis de peine et de misère à stabiliser le bateau. Je vois qu'on s'est beaucoup rapprochés du bord (quais et maisons), ce qui me fait paniquer, d'autant plus que je sens que je ne contrôle plus la situation avec ces rafales et l'ancre qui ne prend plus du tout. Je tente de stabiliser le tout pour réfléchir... Une personne nous remarque et sort de son voilier. Je me dis que je n'ai pas le choix : j'appelle de l'aide, la situation est trop risquée. J'appelle sur le canal 16 de la VHF et, heureusement, deux voisins répondent et viennent nous aider très rapidement.
C'était tellement dur de garder le contrôle que je ne pouvais pas lâcher la barre. Je demande aux deux hommes d'aller à l'avant pour remonter l'ancre et tenter de la replanter. Ils y parviennent rapidement. Je remonte au vent le plus possible. On remouille, mais on s'aperçoit qu'on est trop proches d'un autre voilier. On remonte une deuxième fois, on la remet plus loin, et là, ça tient. On attend que tout soit correct avant que nos amis ne retournent à leur bord.
On essaie de reprendre nos esprits. Après 1h30, tout semble bon donc on décide de couper le moteur. Je reste habillé en salopette au cas où. Comble de malheur, vers 22h, sans grosse rafale, on chasse à nouveau. Je n'arrive pas à y croire. Je redémarre le moteur. On voit que l'ancre tient à peine ; en donnant des gaz lors des rafales, on garde notre position, mais c'est extrêmement stressant car il fait noir et il pleut des averses.
Je décide de rappeler nos amis car, à deux (Nathan et Clara), c'est trop dur à gérer. Notre voisin le plus proche revient nous aider. Étant donné que la situation est plus stable, on discute des options. Il finit par me proposer son propre système de mouillage secondaire (une ancre mieux adaptée). J'accepte volontiers. Clara prend la barre, je vais à l'avant avec notre ami. On remonte notre ancre, on avance, on lance la sienne... et ça tient !
Explication :
Nous avons beaucoup appris durant ces évènements. En faisant des recherches, j'ai compris que mon ancre (de type Delta), bien qu'efficace souvent, n'est pas bonne dans la vase fine. La vase colle à l'ancre et, si elle se détache du fond tout en restant collée au métal, l'ancre n'a plus aucune tenue et devient glissante. L'ancre prêtée par notre ami est une Mantus, une technologie plus récente et bien mieux adaptée à ce type de fond. En remontant la Delta, elle était effectivement recouverte d'une couche de vase compacte.
Bref, nous avons passé la nuit à faire des quarts de veille pour être prêts à démarrer le moteur à tout moment, mais tout s'est bien passé avec cette nouvelle ancre. Nous sommes tellement reconnaissants envers nos voisins ; sans eux, je ne sais pas ce que nous aurions fait. D'ailleurs, l'une de nos principal leçons de tout ça c'est d'avoir pris pour acquis que notre ancre tiendrait sans avoir planifié de plan de secours au cas où... À l'heure où j'écris ces lignes, le vent est encore fort et durera jusqu'à demain avant de diminuer légèrement. Donc à suivre, mais pour l'instant, tout va bien et on reste prêt au cas où.
La suite :
On attend que la météo se calme pour enfin traverser des Bahamas vers les États-Unis, possiblement la semaine prochaine. À suivre !